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« Droite forte » (UMP) : nous avions déjà Guillaume Peltier, apprenons donc à connaître…

13 mai 20146
« Droite forte » (UMP) : nous avions déjà Guillaume Peltier, apprenons donc à connaître… 5.00/5 68 votes

… Geoffroy Didier !

Nous connaissions déjà bien (déjà trop) son compère en arrivisme politique Guillaume Peltier, cofondateur avec lui de cette fumeuse à défaut d’être fameuse « Droite Forte », ce machin médiatico-politique improbable, ce leurre à gogos de concours de l’UMP, pondu en catastrophe peu après la bérézina présidentielle de 2012 par le parti sarkozien pour tenter de ramener -si c’est encore possible- au troupeau les électeurs déjà partis vers le FN, et peut-être plus encore essayer de dissuader, à grand renfort de démagogie et de convictions de circonstances, ceux qui restent encore fidèles (et on se demande pourquoi) à un parti à l’encéphalogramme politique totalement plat, mais qui pourraient bien très prochainement partir grossir le rang des soutiens de Marine le Pen, via le vote RBM, notamment lors d’élections européennes désormais cruciales pour l’avenir de notre agriculture (Traité Transatlantique), de notre industrie (ou ce qu’il en reste), pour la pérennité de notre modèle social (en danger mortel sous les coups de boutoir de la Commission au nom de la libre concurrence), ou plus simplement pour ce qui reste encore de souveraineté à notre pauvre France (c’est à dire en réalité presque rien), sous le joug de plus en plus oppressant de ce que l’on peut qualifier aujourd’hui -et sans aucunement charger la barque- de dictature bruxelloise.

Guillaume Peltier, Charybde…

Guillaume Peltier donc, ce qui se fait sans doute de plus arriviste, de plus froidement cynique, de plus détestable dans la politique à la française, qui n’est pourtant pas avare en ces matières. Face à lui, même les têtes de gondole d’EELV (Europe Ecologie Les Verts), expertes dans l’art de la circonvolution politique, semblent jouer en seconde division. C’est dire la virtuosité exceptionnelle du bonhomme en matière de carriérisme sans colonne vertébrale, pour ne pas dire sans foi ni loi.

Son CV, qui a tout de celui d’un vieux briscard de marigot politicard façon Quatrième République, alors qu’il est âgé d’à peine trente-huit ans, en dit à lui seul bien plus qu’un très long discours :

Entré en 1996 au FNJ (Front National de la Jeunesse), il fonde parallèlement avec Nicolas Bay l’association Jeunesse Action Chrétienté qui se mobilise notamment à l’époque contre le PACS ou l’euthanasie.

Il quitte le Front National en 1998 à cause de la scission faisant suite à l’affrontement Le Pen-Mégret, et suit celui-ci lorsqu’il crée le MNR. Mégret qui le bombarde évidemment responsable de son mouvement de jeunesse. L’épisode MNR faisant finalement long feu, le bougre fait à nouveau ses valises et se présente en 2000 à Épernay, sur une liste « divers droite » conduite par un certain Franck Leroy (rien à voir avec votre serviteur).

La même année, la girouette accélère le rythme : il rejoint le MPF de Philippe de Villiers, qui le charge dans son parti… de la jeunesse, bien-sûr ! En 2002, alors qu’il a obtenu un score digne d’EELV aux élections législatives (2,89 %)… il est condamné à un an d’inéligibilité par le Conseil Constitutionnel sur saisine de la Commission nationale des comptes de campagne. Il a tout juste vingt-six ans, et déjà une casserole judiciaire aux fesses. Harlem Désir, Alain Juppé, Alain Carignon et Jean-Christophe Cambadélis peuvent aller se rhabiller !

En 2006, notre petit Rastignac politique n’a pas de mots assez durs pour qualifier la politique du Ministre de l’Intérieur de l’époque, un certain… Nicolas Sarkozy, qu’il qualifie à cette époque d’ « imposteur ». Difficile de lui donner tort sur ce coup là, il faut bien le reconnaître. S’affirmant au passage « républicain, laïc et anticlérical » (alors qu’il  a comme on l’a évoqué plus haut milité dans plusieurs organisations chrétiennes), il déclare même se sentir « plus proche des déclarations d’un Manuel Valls que des projets d’un Nicolas Sarkozy en la matière ». Nicolas Sarkozy est habillé pour l’hiver, et même plus. Mais la messe n’est pas dite pour autant, loin de là, car avec un homme de convictions comme Guillaume Peltier, tout est possible, et nous allons le voir.

Membre donc du MPF de 2000 à 2008 (un exploit, un record de longévité pour lui) passé d’échec en désillusion en n’ayant jamais réussi à dépasser sous cette étiquette les 8% à toutes les élections où il s’est présenté, le bougre comprend que la soupe qu’il espère tant laper sera forcément beaucoup plus copieuse ailleurs : il quitte alors le Mouvement Pour la France… et adhère en 2009 à l’UMP, le parti de l’imposteur Nicolas Sarkozy. Plus fort encore : dès septembre 2011, il intègre la  « cellule Ripostes » montée par Brice Hortefeux pour défendre auprès des médias … le bilan de l’imposteur Sarkozy Nicolas à l’intérieur en vue de l’élection présidentielle de 2012 ! Vous avez le tournis ? Moi aussi !

En janvier 2012, notre arriviste de concours est nommé secrétaire national de l’UMP chargé… des études d’opinion ! Une girouette pour sentir venir le sens du vent, cela ne s’invente pas ! Il devient dans la foulée l’un des porte-paroles de l’imposteur du candidat de l’UMP. Si, si. Reprenez votre souffle, on continue.

En juillet 2012, après la claque monumentale qui voit l’imposteur le président sortant se faire piteusement sortir par la fenêtre et battre par un candidat, François Hollande, au charisme de beignet et tout droit sorti premier d’un concours de circonstances (après la chute lors d’un triple axel sur mare de foutre de DSK), il créé donc La Droite Forte avec Geoffroy Didier.

La motion de son courant arrive en tête (avec au passage à peine 28% des suffrages) au congrès d’après désastre de novembre, où, l’homme providentiel envoyé aux poubelles de l’histoire par les électeurs, tout l’UMP est à ramasser à la petite cuillère. C’est sa chance, et l’arrivisme de tous les instants paie enfin, l’heure des honneurs sonne : en février 2013, sous la « direction partagée » Copé-Fillon, il devient finalement vice-président de l’UMP. Où il ne tardera sans doute pas à préparer, si seulement celui-ci le lui demande, le grand retour de l’imposteur Nicolas Sarkozy.

Le 23 mars 2014 enfin, profitant de la déroute socialiste, il est élu maire de Neung-sur-Beuvron (1 200 habitants à peine, relativisons la popularité du gaillard) par des électeurs dont on se demande si, au vu du CV de Peltier, ils n’habitent pas plutôt la ville de Neuneung-sur-Beuverie.

Pour résumer au final tout le bien que je pense de monsieur Guillaume Peltier, je ne trouve pas plus adéquat, plus évident que de citer Jonathan Swift : « L’ambition souvent fait accepter les fonctions les plus basses ; c’est ainsi que l’on grimpe dans la même posture que l’on rampe. »

… Et Geoffroy Didier, Scylla

Mais dans la famille Droite Forte, il y a donc aussi Geoffroy Didier… moins médiatisé dans un premier temps que son comparse en arrivisme, le gus a pourtant tout comme lui des dents qui rayent le parquet, et affiche aux yeux de tous une rouerie politicarde de vieux rogaton et un cynisme en béton armé.

Porté sur les fonds baptismaux par le même Brice Hortefeux que Guillaume Peltier, Geoffroy Didier entre à l’UMP en 2006, sans avoir, reconnaissons-lui au moins cela, bouffé à tous les râteliers comme son compagnon de déroute. il y gère aussitôt un bidule totalement improbable, genre club politique à deux balles, appelé d’ailleurs fort judicieusement  La Diagonale (du fou ?) et sensé réunir des « sarkosystes de gauche » (sic), prônant notamment des idées dites « progressistes », comme le droit de vote des étrangers aux élections locales, ou encore l’égalité des «  droits » pour les homosexuels (dont le mariage gay, à propos duquel il a fait depuis semble-t-il un virage à 180 degrés, va comprendre, Charles !).

Candidat aux élections cantonales de 2011 dans le canton de Gonesse (Val-d’Oise), et oubliant subitement ses belles idées « progressistes » ou le droit de vote des étrangers, il n’hésite pas au cours de la campagne à utiliser ce slogan  : « non aux minarets, non à la burqa, non à l’asservissement de la femme ». Le Front National avait, il est vrai, atteint le second tour dans le canton lors des précédentes élections. CQFD. Il se ramasse pourtant au premier tour dans les grandes largeurs, battu à plates coutures par les candidats PS et… FN.

Nommé secrétaire national de l’UMP en 2012, il commence à squatter les plateaux de télés et les studios de radio pour défendre le bilan de Nicolas Sarkozy. Avec le succès que l’on sait (il faut bien reconnaitre que ce bilan était en réalité totalement indéfendable), mais son arrivisme et son opportunisme politique crève déjà les écrans.

En novembre 2012, il fonde donc comme on l’a dit la Droite Forte avec Guillaume Peltier, pour des raisons d’opportunisme politique qui ne trompent personne, et surtout pas le député (et ancien ministre) Thierry Mariani, fondateur avant eux du courant parlementaire dit « la Droite Populaire » qui comme notre duo présente une motion au congrès de novembre 2012, et pour qui le parcours même de Geoffroy Didier est la preuve que sa motion est une grossière « contrefaçon » et même une pure « construction marketing ». Ce n’est pas à un vieux macaque que deux jeunes ouistitis vont apprendre à faire des grimaces !

Bien entendu, Geoffroy Didier est membre de l’association des amis de Nicolas Sarkozy, ce club grotesque qui tente de ranimer la flamme éteinte de l’ancien locataire de l’Elysée, club où il côtoie des personnages aussi considérables que Nadine Morano, Christian Estrosi, Maurice Leroy (là aussi, rien à voir avec l’auteur de ces lignes !), Claude Guéant, Xavier Bertrand, les repris de justesse Alain Carignon et Pierre Charon, mais aussi Christine Boutin. Sans oublier le caniche docile, le fidèle entre les fidèles, le paillasson sarkozyen : j’ai nommé Brice Hortefeux. Mazette, quelle équipe !

Mais je vais m’arrêter là pour vous laisser visionner une vidéo qui en dira bien plus en quelques minutes sur la qualité du bonhomme que tous mes longs discours. Car inviter Geoffroy Didier à « débattre » avec Marine le Pen de l’avenir de l’Europe sur BFM TV, dans le cadre de la campagne pour les élections européennes, cela donne « ça » :

http://www.dailymotion.com/video/x1u40u5

… Vous avez tenu jusqu’au bout ? Vous avez toute mon admiration, et toutes mes excuses, pour la purge particulièrement indigeste que je vous ai infligée.

Méprisant, odieux, malpoli au possible pour ne pas dire plus (jean-foutre me paraîtrait en réalité nettement plus approprié) au point de faire presque passer Jean-Luc Mélenchon pour un brave type, ou les journalistes du système participant à la même émission (pourtant et comme de bien-entendu toujours aussi vindicatifs et de parti-pris) pour des interlocuteurs bienveillants, complètement à côté de son dossier européen, notamment sur le prétendu absentéisme de la patronne du Front National (jamais ou presque en tout cas aux sessions plénières, les seules qui comptent vraiment, quand nombre de députés européens qui n’ont en réalité, eux, rien d’autre à faire en ce qu’ils ne sont ni chefs de partis, ni candidats aux élections présidentielles ou législatives, sont effectivement remarquablement « présents » et pointent très assidument au parlement européen… juste pour signer la feuille de présence avant de prendre la poudre d’escampette à peine 10 minutes après, dans le but particulièrement « respectueux  de leurs électeurs » de pouvoir toucher leurs 300 euros d’indemnités journalières, généreux pourboire octroyé avec nos sous par l’UE en complément de leur pourtant déjà très confortable salaire -pour en avoir la preuve par l’image, c’est ici), et tout aussi à côté de ses pompes sur ses reproches d’abstention lors du vote sur la directive détachement (reproches foncièrement débiles, si ce n’est malhonnêtes, auxquels Marine Le Pen a cent-trente-cinq fois déjà répondu : on ne peut évidemment pas voter « pour » à propos d’un amendement sur une directive que l’on a combattue à toutes forces et que l’on souhaite voir disparaître totalement), ou menteur comme un arracheur de dents sur les magouilles sarkoziennes au sujet de l’entrée de la Turquie dans l’UE et les chapitres d’adhésion effectivement ouverts sous son quinquennat, Didier a réussi, dans le minable, dans la cuistrerie, dans l’odieux, dans l’incompétence, dans la crapulerie politique, et en une seule apparition, à surclasser les doigts dans le nez son tout petit compère de la Droite Forte, qui faisait pourtant -en toutes ces matières et jusque là- figure de nouveau mètre-étalon. Chapeau bas, l’artiste !

En conclusion de cet article sur la Droite Forte, j’ai simplement envie de dire à nos deux guignols aux dents aussi longues que leur vertu est courte et leur conviction ténue, et comme aurait pu l’écrire le grand Marcel Pagnol : « mes pauvres enfants… quand on fera danser les couillons, vous serez pas à l’orchestre ! ». Et si l’un de vous, mes chers lecteurs, a encore -sincèrement- envie de voter UMP après avoir vu ce « machin » dans ses œuvres sur BFM TV… promis-juré, je lui achète une BMW, ou au choix, un studio à Ibiza. Parce qu’il le vaudra bien. Et  ce n’est sous ma plume certainement pas un compliment !

Marc LEROY – La Plume à Gratter

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6 Responses to « Droite forte » (UMP) : nous avions déjà Guillaume Peltier, apprenons donc à connaître…

  1. christine le 17 mai 2014 à 22 h 37 min

    Merci Marc pour cet excellent article.
    Je venais tout juste de découvrir le sieur Geoffroy dans ses œuvres lors de son « débat » avec Marine le Pen sur BFM TV.
    La goujaterie, la malhonnêteté intellectuelle et l’incompétence crasse de ce cuistre y ont atteint de vertigineux sommets, à me laisser sans voix.
    Rien que d’y repenser, j’en retrouve la nausée !
    Aussi me suis-je abstenue de revoir le quidam, mille pardons…
    Sans doute compte -t-il sur sa jeunesse et sur sa « jolie petite gueule » pour rallier quelques « blondes » à l’UMP ???
    Il faudrait lui expliquer que ce ne sont pas là des vertus, et que la première n’est pas une excuse, ni la seconde un acquis…

  2. Bluebair le 15 mai 2014 à 5 h 01 min

    La photo est excellente! On a envie d’en prendre un pour taper sur l’autre… La « droite la plus bete du monde » a la releve qu’elle merite. Quand je pense au brillantissime Pierre-Yves Rougeron qui compte les points dans son coin pendant que ces gugusses s’imaginent etre l’avenir de la France!!!! A pleurer…
    Cela etant, Marine a une autoroute devant elle.

    • Djefbernier le 15 mai 2014 à 5 h 34 min

      Très bonne remarque, ce qui est en soit assez suspect, Asselineau est très dissert sur ce phénomène « étrange ». Cela dit…

  3. trechelaplaine le 14 mai 2014 à 14 h 10 min

    Impossible d’écouter ce pédant péteux jusqu’au bout tellement l’envie de le gifler est grande !
    Ces deux charlots sont la voiture balais de la droite chargée de rafistoler le navire UMP à coup de rustines droitières pour éviter la fuite des passagers. Avec ces deux précieux ridicules, on comprend que rien ne pourra empêcher le naufrage!

  4. NOURATIN le 14 mai 2014 à 8 h 22 min

    Magnifique! Les voilà vêtus pour les hivers prochains, ces deux pignoufs. Je crains pour eux que vous n’ayez pas à vous ruiner en automobiles tape à l’œil ni en studios à Ibiza.
    En même temps, c’est triste de voir que notre démocratie ne laisse plus émerger que les connards des bals à la Pagnol (merveilleuse citation de ce cher César)je me demande combien de temps une monstruosité pareille pourra encore tenir.
    En attendant, souhaitons que les européennes leur soit un vrai coup de pied où je pense.
    Amitiés.

  5. Djefbernier le 13 mai 2014 à 19 h 56 min

    Monter comme on rampe, oui c’est une posture qui tient du fantastique mais vrai. Le glissement sur la droite morte et les marées encore vivaces de zombies votant est si simple à opérer que moi président le slogan serait vite parti à la déchiqueteuse …

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