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« Affaire Mélenchon » : tel sera pendu qui croyait pendre ?

20 octobre 20183
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Nous sommes en pleine campagne présidentielle 2017. La campagne judiciaro-médiatique du Penelope Gate, dénonçant les sordides petites magouilles mises en œuvre par François Fillon pour grassement rémunérer pendant des années sa femme Penelope et ses deux enfants, via des emplois dont la nature fictive ne trompe absolument personne, se met en branle…

Avec une célérité jamais vue dans la vie pourtant souvent trouble de la politicaillerie française, la « justice », instrumentalisée comme jamais via le Parquet national financier, création taubiresque et politisée à l’extrême, se saisit de l’affaire et la presse, sans attendre que ladite « justice » ait aucunement tranché sur le fond, lapide en place publique le candidat LR qui était, avant l’éclatement de cette affaire, donné grand favori du scrutin présidentiel.

Celui-ci ne s’en relèvera pas… il laissera même carrément sa place au second tour à Emmanuel Macron, appelé à affronter l’incontournable Marine Le Pen lors de l’ultime recours aux urnes et qui deviendra du même coup le grand favori (puis le futur vainqueur) de l’élection présidentielle.

Marine Le Pen, justement, et par un incroyable « hasard » de calendrier, est, elle aussi, mise en cause et convoquée par cette même « justice » française en pleine campagne électorale ! Une convocation qui arrive cette fois bien tard… ou plutôt fort à point, concernant une « affaire » européenne pourtant déjà vieille de plus d’un an, convocation potentiellement suivie d’une mise en examen qui aurait inévitablement les mêmes conséquences électorales assassines que pour François Fillon, malgré la plus fumeuse que fameuse « présomption d’innocence » dont se gargarisent médias et personnalités politiques quand les justiciables les agréent.

MLP refuse de se rendre à sa convocation durant la campagne, déclarant qu’elle ne fera face au juge qu’à l’issue de celle-ci, rejetant à raison cette confusion du temps électoral et du temps judiciaire. Mais nul doute que cette intrusion à nouveau fort opportune du PNF dans le processus démocratique aura dans son cas aussi joué un rôle non négligeable, et impacté le résultat du scrutin présidentiel de 2017.

A cette époque, cette double « divine providence » judiciaire en pleine campagne électorale, ces mises en cause à la schlague médiatique de responsables politiques de tout premier rang (n’oublions pas également le traitement judiciaire très médiatisé réservé ces dernières années à Nicolas Sarkozy), ces perquisitions au petit matin à leurs domiciles ou aux sièges de leurs partis, ne gênaient pas le moins du monde Jean-Pierre Mélenchon, le candidat et patron de la France insoumise. Il les approuvait même fort bruyamment, se réjouissant de leurs inévitables conséquences politiques et électorales, les instrumentalisant sans la moindre retenue, fustigeant la « rétivité judiciaire » de ses adversaires mis en cause. Petit rappel non exhaustif de ses déclarations d’alors :

« Chacun doit répondre de ses actes » ;

« Il n’y a pas d’autre choix que de faire confiance à la justice » ;

« Ils ont bonne mine, les défenseurs du parti de l’ordre et de la justice ! Les voilà, celui-ci (François Fillon) qui ne veut répondre de rien, qui appelle à l’émeute contre la justice, l’autre, madame Le Pen, qui refuse les convocations et montre du doigt les fonctionnaires de police qui veulent l’intercepter (rires). Ah ! Ils ont bonne mine ! »

Signé Jean-Luc Mélenchon donc, mais version 2017, car nous l’allons voir, le bougre a le civisme « judiciaro-policier » à géométrie très variable…

La Méluche en 2018, ou le deux poids, démesure !

Nous sommes à présent en automne 2018, et l’appareil judiciaire, celui-là même que J.L. Mélenchon appelait naguère à respecter, s’intéresse cette fois à lui et à son parti, à sa propre campagne présidentielle. Deux affaires, celle de supposés « emplois fictifs » à l’Assemblée européenne (comme les premiers MLP et RN venus) et celle de ses comptes de campagne, menacent le ciel de la France insoumise. Dans le cadre de cette double procédure, des perquisitions ont été diligentées aux domiciles des principaux responsables de FI, et dans les locaux du parti. Tout le monde a vu les images hallucinantes de l’arrivée en force de Jean-Luc Mélenchon avec d’autres élus et leurs sbires lors d’une de ces désormais fameuses perquisitions. Pour ceux qui auraient besoin de se rafraîchir la mémoire, c’est ici :

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On notera sur la forme, et non sans une certaine délectation, combien celui qui prétendait quelques mois plus tôt qu’« Il n’y a pas d’autre choix que de faire confiance à la justice », qui dénonçait avec virulence celui qui « appelle à l’émeute contre la justice » ou celle qui « montre du doigt les fonctionnaires de police qui veulent l’intercepter », s’applique à lui-même les grands principes de respect des institutions judiciaires et policières qu’il exigeait des autres responsables politiques ! Il est vrai que, comme il le dit lui-même, il n’est pas le premier Fillon ou la dernière Le Pen venus : lui, il est « la République », non mais sans blague !

On essaiera également d’imaginer la réaction du bonhomme et de son parti (et soyons clairs, des médias) si Nicolas Sarkozy, François Fillon ou Marine Le Pen, tous trois ayant subi peu ou prou le même traitement avant lui, avaient réagi avec cette outrance grotesque, cette violence caractérisée face à des fonctionnaires qui, quel que soit le bien fondé des procédures judiciaires, ne faisaient en cette occasion que leur travail, obéissant à leur hiérarchie avec d’ailleurs une remarquable bienveillance envers leurs agresseurs du jour : généralement, quand on porte la main sur un procureur ou un policier, et si l’on ne s’appelle pas Mélenchon, on se retrouve menotté par terre et on termine sa journée au gnouf !

Suite à la diffusion de ces images proprement sidérantes pour ne pas dire atterrantes du chef d’un des quatre principaux partis politiques de France, par ailleurs ancien ministre, ancien sénateur, ancien député européen, ancien candidat à la magistrature suprême et actuel député français, éructant, postillonnant, menaçant, poussant avec ses nervis et un Corbière totalement hors de contrôle des fonctionnaires de la police nationale et un procureur de la République, la presse naguère si complaisante avec le trublion d’extrême-gauche a bien été obligée de relayer l’incident, de marquer une incompréhension navrée, voire parfois même de le condamner plus ou moins clairement. On notera toutefois que fort peu de médias se sont chargés de mettre en avant le deux poids deux mesures dans le respect des institutions illustré avec un délirant éclat par la Méluche et sa bande de gugusses. Et quand une journaliste assez inconsciente s’est permise de le faire, cela a donné ça :

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Mélenchon dans toute sa condescendance, sa morgue, son mépris abyssal pour ce qui n’est pas lui. Il est vrai que quand on est « la République »…

Reste a savoir maintenant quelles vont être les suites du coup de force de Merluchon et de son orchestre de gauchistes hystériques. En toute logique, les mises en examen dans une procédure pour « menaces ou actes d’intimidation contre l’autorité judiciaire » et « violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique » devraient suivre. Nous verrons ce qu’il en sera au final, car il est fort possible que l’institution judiciaire décide finalement de passer l’éponge : après tout, Mélenchon, c’est la vraie « gauche », celle qui fait se pâmer le Syndicat de la magistrature, celle qui rit de son Mur des Cons, et c’est même – on vient carrément de l’apprendre – « la République »… Il suffit d’ailleurs de prendre connaissance de la réaction fort gênée de Laurence Blisson, la secrétaire générale du SM, incapable de condamner l’attitude de Mélenchon, pour se dire que celui-ci risque fort de bénéficier d’une complaisance sans doute inaccessible à presque tous les autres politiciens de France (ici). A suivre donc…

Chikirou par çi…

La réaction délirante du Tartarin de la France insoumise n’est pourtant peut-être pas inexplicable… depuis deux jours, des infos fuitent sur les enquêtes, les perquisitions et les personnes mises en cause, et éclairent d’un jour nouveau le « pétage de plombs » mélenchonien. Accrochez-vous à vos chaises, et rappelez vous de l’affaire Fillon, car ça vaut le détour !

On l’a dit, deux procédures sont en cours : celle des supposés emplois fictifs au Parlement européen, et celle des comptes de campagne présidentielle. Dans cette dernière, sont plus particulièrement mises en avant des dépenses suspectes, et notamment des surfacturations de prestations auprès du candidat de FI. En 2017, la directrice de campagne de J.L. Mélenchon était une dénommée Sophia Chikirou…

Parmi les soupçons de surfacturation dans les frais de campagne (frais remboursés par l’argent public dès lors que le candidat atteint la barre des 5% de suffrages), ceux d’une agence de communication, Mediascop, dont la patronne n’est autre que… Sophia Chikirou. Tiens, tiens…

Selon une enquête de Radio France, Mediascop a facturé au total des prestations pour près de 1,2 million d’euros, soit 11 % du budget total de la campagne mélenchonienne. Mediascop employait par ailleurs une dizaine de membres du staff du candidat.

Parmi ces frais discutables, et à titre d’exemple, notons des facturations de 250 euros pour chaque extraction de fichiers audio des discours de Jean-Luc Mélenchon, une opération « qui prend cinq à dix minutes », comptabilisée… 19 fois. Même technique pour le sous-titrage des vidéos, facturé 200 euros la minute, soit plus de douze fois le prix habituel selon Radio France.

Pour huit mois de campagne, Sophia Chikirou a à titre personnel été rémunérée 80 000 euros (HT), soit une moyenne de 10 000 euros mensuels. Mais par la grâce d’autres prestations facturées à son crédit par Mediascop, de la « rédaction des scénarios des clips de campagne » à la « préparation des intervenants » pour une série d’émissions diffusées sur le Web, le salaire mensuel réel de Sophia Chikirou a été au final de 15 000 euros (soit près de trois fois le salaire de Penelope Fillon, CQFD).

Dans le même temps, la plupart des employés de Mediascop, en CDD, émargeaient à 1 500 euros par mois. Egalité de traitement version France insoumise, solidarité de classe prolétaire, sans aucun doute. L’un de ces employés, interrogé par France Info, a notamment déclaré : « Ce que j’ai fait sur la campagne, je ne l’ai pas fait pour l’argent, on fait ça par conviction aussi… Elle nous demandait régulièrement d’en faire un peu plus gracieusement, on était payé au lance-pierre… Mais on le faisait… Et en fait, elle a fait de l’argent sur mon dos. Je suis dégoûté ».

Fin 2017, la Commission nationale des comptes de campagne avait validé ceux du candidat Mélenchon, mais après avoir retranché plus de 400 000 euros des dépenses présentées et supposément remboursables par l’Etat (dont d’ailleurs déjà 54 600 euros concernent des dépenses facturées par Sophia Chikirou).

Sophia Chikirou, devenue depuis la campagne électorale « conseillère en communication » de Jean-Luc Mélenchon, puis directrice du Média, le site d’actualité proche de la France insoumise, de sa création en janvier 2018 jusqu’à son départ en juillet 2018 suite à des dissensions internes (1), puis à nouveau membre de la campagne de FI pour les prochaines élections européennes de 2019, a été entendue vendredi à Nanterre et pendant plus de huit heures dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte pour « escroquerie », « abus de confiance », « infraction à la législation des campagnes électorales » et « travail dissimulé », procédure initiée en mai après le signalement de la commission des comptes de campagne pour les surfacturations supposées évoquées plus haut.

Jean-Luc Mélenchon a dénoncé une « campagne de diffamation », réaffirmé sa « totale confiance » en Sophia Chikirou, déclarant que cette procédure faisait d’elle un « bouc émissaire ». Il a au passage insulté l’un des rapporteurs de la Commission des comptes de campagne, Jean-Guy de Chalvron, le traitant d’« être vil et dégénéré ».

Pourquoi donc tous ces excès, cette fureur, ces insultes, dans une procédure certes fort déplaisante, mais qu’il est loin d’être le premier à subir, et qu’il trouvait du reste tout à fait « républicaine » quand elle s’appliquait à d’autres que lui ? Parce que lui, justement, n’est pas les autres ? Parce que son ego est himalayen ?  Parce que lui, il est « la République » ? Sans aucun doute, mais pas seulement…

Chikirou par là…

Cette fois, c’est Mediapart qui lâche le morceau, celui qui éclaire enfin d’un jour aveuglant tout à la fois la spectaculaire crise de nerfs post perquisitions de la Méluche, les factures juteuses de Mediascop, les revenus délirants de Sophia Chikirou et la défense acharnée de la donzelle par le tribun de la France insoumise : quand les policiers sont arrivés le mardi 16 octobre à 7 heures du matin au domicile du patron de FI, ils sont tombés nez à nez avec… Sophia Chikirou !

« Le patron de La France insoumise et la communicante entretiennent en réalité de longue date, selon nos informations, une relation extra-professionnelle. Celle-ci pourrait relever de la seule vie privée des deux intéressés mais prend désormais, à la lueur des investigations judiciaires, une dimension d’intérêt général » écrit notamment Mediapart. (source)

Ah bon ! Tout ce boxon, c’était donc pour ça : « Bon sang, mais c’est bien sûr ! » dirait l’inspecteur Bordel… Si Mélenchon se relève de tout « ça », et quoi qu’il puisse jamais en dire, ce sera la preuve irréfutable, définitive que dans ce pays, pour sa justice, pour sa presse, pour sa pensée conforme, il y a d’un côté, celui de la complaisance finale, l’extrême gauche et la Macronie, et de l’autre côté, celui de la peine de mort médiatique … tous les autres ! Et ce ne sont pas aujourd’hui Nicolas Sarkozy ou François Fillon, et peut-être demain Marine Le Pen, qui vous diront le contraire !

Marc LEROY – La Plume à Gratter

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1) « Juste avant son départ du Média, Sophia Chikirou aurait procédé à deux paiements, pour plus de 130 000 euros, à sa propre société, Mediascop, révèle Mediapart, information reprise dans un article du Point. Le chèque de 64 119,61 euros a été honoré par la banque, mais le virement suivant a été bloqué. Selon Mediapart : « Via sa société Mediascop, dont elle est l’unique actionnaire, la consultante Sophia Chikirou donnait des conseils à la présidente Sophia Chikirou ». Des salariés anonymes du Média accusent Sophia Chikirou de facturer des « prestations sans réalité », et la nouvelle direction du Média, composée de Gérard Miller, Henri Poulain et Aude Lancelin, lui reproche (sic) de s’être rémunérée alors qu’elle se présentait comme bénévole. Face aux accusations de malversation, Sophia Chikirou se défend en affirmant qu’elle était bénévole en tant que présidente du Média mais rémunérée comme conseil en stratégie. Elle affirme que les accusations contre elle sont de la « calomnie pure » et annonce porter l’affaire devant le tribunal de grande instance et demander un audit pour prouver sa bonne gestion ». (Wikipedia)

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3 Responses to « Affaire Mélenchon » : tel sera pendu qui croyait pendre ?

  1. Ribus le 21 octobre 2018 à 20 h 47 min

    Hors sujet : Selon certaines sources, l’État-Major avait proposé et obtenu qu’un hommage soit rendu aux 8 maréchaux de France de la Grande Guerre pour les commémorations de la victoire du 11 novembre 1918. Cela figurait sur les documents officiels. Mais, alerté par MEDIAPART, l’Elysée a fait retirer cet hommage en indiquant que : «  Le sens de cette commémoration, ce n’est pas de célébrer la victoire de 1918. Il n’y aura pas de défilé ou de parade militaires».

    L’Elysée a précisé : « que cela a été négocié avec l’Allemagne, la chancelière Merkel étant une invitée de marque des cérémonies. Si les armées organisent leur propre cérémonie aux Invalides pour rendre hommage aux militaires français, «  le président de la République ne sera pas présent ».

    Ne s’agit-il pas d’un nouveau camouflet envers l’Armée française après celui essuyé par le général de Villiers ? Cet épisode mériterait, à mon avis, un petit article sur votre blog.

    • Joséphine le 22 octobre 2018 à 8 h 10 min

      J’ai pu lire cette nouvelle comme vous. C’est dire le profond mépris de Macron pour ses Armées !
      Par contre POUTINE ayant fini par accepter l’invitation pour ce 11 Novembre (tout comme TRUMP)
      il a prévu de venir avec une partie de ses Soldats … Comme quoi le Président Russe n’a rien à voir avec celui qui nous offense tous les jours.

  2. Joséphine le 21 octobre 2018 à 9 h 41 min

    Heu ben qu’est-ce que je peux bien écrire après ce que je viens de lire et qui n’oublie rien sur le sinistre personnage Mélenchon, mis à part qu’il se pensait intouchable et qu’il s’est fait toucher ou plutôt baiser comme un bleu. D’où son pétage de plombs sans limites lors des perquisitions qu’il s’est pris en pleine poire ! Il y a un peu de Hollande en lui avec ses « MOI JE » et beaucoup de Macron qui traite les Français d’illettrés. Lui qui ne comprend pas le Français du Sud-Ouest. Le pire que j’ai entendu sortir de sa gueule haineuse c’est « La République c’est MOI ! » et « Ma Personne est Sacrée ! »… Sacré con oui.
    Que celui qui osait dire que la France aurait gagné à être sous domination de l’islam en regrettant que Charles Martel ait repoussé ses AMIS à Poitiers, aille au diable et son clone pas très reluisant d’Alexis Corbières également.

    Merci Marc d’être revenu pour dresser le portrait d’un salaud vraiment pas très catholique.

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