Politique France

Primaires de la droite : et si la paire et Le Maire l’avaient finalement dans le Fillon ?

18 novembre 20162
Primaires de la droite : et si la paire et Le Maire l’avaient finalement dans le Fillon ? 4.95/5 58 votes

La paire et Le Maire : c’était donc, depuis des mois et dans un ordre forcément défini, le tiercé de tête annoncé, obligé, façon théorie du genre à la mode « droite et centre », qui devait surgir des Primaires. Deux vieux (voire dans un cas très vieux) de la vieille, deux politicards de la pire espèce, canassons de retour usés jusqu’à cette mœlle dont ils nous ont pourtant à maintes et maintes reprises prouvé qu’ils en étaient l’un comme l’autre totalement dépourvus : Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. En troisième mousquetaire de ce podium désespérant un « jeune loup » prétendant incarner le « renouveau » façon LR, un temps chouchou des merdias, et clone presque parfait d’Emmanuel Macron, version fausse droite : Bruno Le Maire. Celui-ci venant mourir au pied d’un podium cette fois pourvu de seulement deux places, synonymes d’accès au second tour de la compétition.

Les quatre autres candidats, deux autres vieilles peaux politicardes fortement démonétisées, Copé et Fillon, accompagnés de la Marie-Chantal gloussante de Longjumeau et d’un OVNI indéfinissable sorti de presque nulle part et dont nous reparleront un peu plus bas, étant simplement destinés à jouer les utilités « démocratiques », afin d’essayer de faire croire à quelques gogos tombés de la planète Mars qu’on leur proposait un réel choix idéologique et/ou politique.

Après une campagne longue, pathétique, creuse et ampoulée comme un livre de Yann Moix ou une chanson de Brigitte Fontaine, à l’issue de trois débats télévisés d’un niveau plus proche de la maternelle (si ce n’est du bac à sable) que de la primaire dont la hauteur de vue n’aura échappé à personne, et où en vérité l’on est tombé souvent si bas qu’on aurait pu, dans les studios où ils furent enregistrés et sans aucun forage supplémentaire, trouver à peu de frais du gaz de schiste, s’achève enfin cette inter-minable campagne de premier tour pour l’investiture de « drouate ». Un premier tour qui va donc se conclure ce dimanche par un vote, nous permettant de connaître la paire d’as(ticots) amenée à croiser le fer lors du second tour, en vue de désigner celui qui sera très vraisemblablement – hélas ! – le prochain président de la République française.

Les médias et les « sachants » de tous poils nous l’avaient seriné jusqu’à la nausée (la nôtre, mais évidemment pas la leur) : la messe d’intronisation présidentielle (et d’enterrement politique, idéologique et programmatique) était par avance dite : Alain Juppé, le nouvel archange bienpensant de la ploutocratie (si peu) nationale finirait au second tour par vaincre le dragon sarkozien de la France frileuse, rance et islamophobe. Rien ne dit d’ailleurs que ce schéma, voulu et promis par toute notre médiacrature, ne se réalisera pas après tout, au final du numéro de cirque politicien pathétique qui se déroule sous nos yeux…

Mais là, à quelques heures du scrutin, en véritable éléphant surgissant au dernier moment dans le magasin de porcelaine des primaires, un pachyderme longtemps bien improbable semble remonter à la vitesse d’une météorite sur le duo des échappés, dans la dernière ligne droite (pas si à droite que cela, et c’est bien le problème !), pour « trumper » énormément tout le système politico-médiatique, mettre en péril ce duel annoncé Juppé-Sarkozy… et donc l’issue tant espérée que l’on sait : la victoire inéluctable – et écrasante – du fédérateur contre le clivant, du plus vieux qui veut faire jeune contre le plus jeune qui cherche à nous refaire du vieux, le sacre final de l’« amer de Bordeaux » aux dépends de l’« agité de Neuilly-sur-Scène » (non, il n’y a pas de coquille). La victoire du « tragediante » sur le « comediante », en quelque sorte…

De ces trois finalistes potentiels qui cherchent donc en ces dernière heures de compétition et coûte que coûte à nous faire voir leurs plus improbables qu’irréconciliables différences, quand bien même deux d’entre eux furent, l’un pendant l’intégralité de son quinquennat, l’autre pendant les deux ans où il a déclenché dans l’irresponsabilité la plus totale cette désastreuse opération libyenne (dont nous n’avons pas fini de payer les conséquences cataclysmiques en matière d’invasion migratoire et de déstabilisation du continent africain), le Premier Ministre et le Ministre des Affaires Etrangères du troisième… quel serait le pire et, sans oser aller jusqu’à imaginer un « meilleur » vainqueur possible (restons lucides et donc fort modestes), le moins nocif pour la France ? Et quid des quatre autres larrons… en foire LR ? Petit tour de cartable (ben oui, quoi, en primaire… ok, c’est bon, je sors !)

Ali Juppé et son « identité heureuse »

Le plus catastrophique pour le pays serait selon moi et sans aucun doute Alain Juppé. Usé jusqu’à la corde à neuneus, déjà aux commandes du pays (et avec les résultats que l’on sait) depuis … 1986, lorsqu’il fut nommé pour la première fois ministre du Budget de Chirac, un poste qui sera suivi d’autres maroquins ministériels de première importance en 1993 (Affaires étrangères), 1995 (Premier ministre), 2010 (Anciens Combattus-battants), 2011 (à nouveau Affaires étrangères), Alain Juppé aura… 72 ans, dont 41 années de vie politique (seulement interrompue quelques mois pour cause d’ennuis judiciaires) au moment du scrutin présidentiel de 2017. Avouez que pour incarner un prétendu « renouveau » politique français à droite, il devrait être possible de faire moins grotesque ! Tout cela sans même compter que son accession à la magistrature suprême serait une invraisemblable première : celle de l’élection à la présidence de la République française d’un repris de justice, condamné à une peine d’inéligibilité en 2004 !

Issu, durant les années quatre-vingts et le début des années quatre-vingt-dix, d’une droite RPR sans complexes et encore plus à droite sur bon nombre de sujets que le FN de Jean-Marie Le Pen (rappelez-vous notamment le fameux  « bruit et l’odeur » du Président Chirac en 1991), d’une droite inflexible sur l’immigration ou sur l’islam, jugé à l’époque par elle comme étant d’ailleurs totalement « incompatible avec la République », Ali Juppé, en un retournement idéologique qui ferait passer les revirements politiques de Pinocchio Sarkozy pour de simples sautes d’humeur, a effectué depuis une conversion intellectuelle et carrément religieuse qui donne le tournis, voire la nausée.

Il est désormais le grand pote de Tarek Obrou, l’imam de Bordeaux pourtant proche des Frères Musulmans, qui espère en bon musulman qu’il est l’avènement prochain du Califat (ici). Un imam qu’il a, entre autres passe-droits et nombreux avantages indus concédés dans sa ville de Bordeaux, osé décorer de la Légion d’Honneur en 2013 (). Un Alain Juppé qui considère à présent, comme le premier socialiste de Terra Nova venu, qu’il n’y a aucun problème avec l’islam en France, que celui-ci est totalement « compatible avec la République », et que – même ! – l’islamisme est compatible avec la démocratie (1), tout en finissant par avouer lors d’une entrevue face à Eric Zemmour en 2015… qu’il n’a jamais lu le Coran ! Un Juppé enfin que l’on peut voir ici se faire « éparpiller façon puzzle » par la pourtant d’ordinaire bien inoffensive carpette médiatique David Pujadas, au sujet de ce spectaculaire retournement de veste islamophile, qui n’est pas pour rien évidemment dans la « juppéophilie » délirante qui s’est emparée de la caste médiatique durant ces derniers mois : quand on ne cesse de consommer sans modération du Padamalgam et du Vivrensemble à longueur d’éditos ou de chroniques  audiovisuelles, on ne peut qu’être séduit par l’« identité heureuse » et béate du crâne en peau de fesse girondin.

Pinocchio Sarkozy, ou le sempiternel retour de l’éternel retors

Le vainqueur le plus scandaleux sur un plan moral serait certainement Nicolas Sarkozy. Son bilan élyséen lamentable, ses reniements permanents, la trahison presque totale de ses promesses et de son électorat de 2007, son culot plus himalayen qu’élyséen, ses casseroles judiciaires, sa consternante vulgarité de « nouveau riche » et son incapacité totale et durant tout son mandat à habiter la fonction présidentielle (du « casse-toi pauv’ con » au « elle est belle ma femme, hein ? », en passant par l’exhibition répétée en robes de p… de Carlita lors des réceptions officielles, les talonnettes de dix centimètres qui font marcher en canard, les stylos fauchés lors des réceptions officielles ou le yacht de Bolloré), son bilan migratoire plus catastrophique encore que celui de Lionel Jospin (plus de 200 000 entrées légales par an), son fantasmatique « islam de France » livré sur un plateau à l’UOIF, ses envolées délirantes et scandaleuses sur la nécessité du « métissage » qu’il a prétendu imposer si nécessaire à la France parce qu’«il n’y a pas moyen de faire autrement », ses ministres socialistes (Kouchner, Mitterrand, Amara, Besson, Jouyet, Hirsch), ou sa promesse une fois encore non tenue de quitter définitivement la vie politique après sa défaite de 2012… mais plus que tout, sa forfaiture vis-à-vis de l’expression du peuple souverain, son viol éhonté de la volonté populaire exprimée pourtant de façon incontestable lors du référendum de 2005 sur la Constitution Européenne, ou les conséquences catastrophiques (et que nous n’avons pas fini de payer en matière de déferlante migratoire) de son opération libyenne sous imperium béhachélien… tout cela devrait inciter tout patriote ou plus simplement tout électeur ayant encore une certaine idée des impératifs moraux censés accompagner les ambitions politiques de nos dirigeants, à renvoyer définitivement le tout petit Nicolas aux poubelles de l’histoire politique française.

Si mon petit plaidoyer ne suffisait pas encore à vous convaincre de la nécessité éthique de tourner définitivement la page sarkozienne, je ne saurais trop vous conseiller la (saine) lecture du formidable livre de Patrick Buisson, La cause du peuple, aux éditions Perrin. Dans un style très souvent remarquable (ce qui se fait rare concernant un livre éminemment politique),  déroulant sur plus de 800 pages une chronique rigoureuse et passionnante des cinq années de la présidence Sarkozy, l’auteur, avec une précision de chirurgien et une plume implacable, devrait vous éclairer plus que je ne saurais le faire sur le bilan et la personnalité du « chouchou » de Carla Bruni.

François Fillon : un mini-Trump de circonstance, ce « moins pire d’entre nous » ?

Face à ces deux crapules de la pire espèce, ces deux parasites politiques aux nuisances mille fois avérées, l’un clown blanc haut en fadeur, l’autre Arlequin (voire caméléon) haut en douleurs, le Buster Keaton politique de la Sarthe, et malgré son compagnonnage très docile tout le long du quinquennat sarkozien, ferait presque figure de brave type, d’honnête homme… et d’incontournable recours, pour éviter l’intronisation élyséenne de l’un des deux fâcheux précédemment évoqués.

Son charisme de beignet, plus insondable encore que celui d’Alain Juppé, comparé aux grotesques gesticulations sarkoziennes, en serait presque rassurant. Son allure austère, sa réserve, son absence de russophobie obsessionnelle, son atlantisme très modéré, son pragmatisme diplomatique (trois dernières qualités aussi présentes, contrairement aux deux premières, chez son illustre prédécesseur américain, « déjoueur » de pronostics médiatiques) seraient à eux seuls ou presque suffisants pour faire pencher la balance en sa faveur.

Alors, si l’on y ajoute le plaisir délectable entre tous de renverser une nouvelle fois, après le Brexit, l’élection de Trump, la victoire d’un « pro-russe » lors de l’élection présidentielle bulgare, ou la probable victoire prochaine de l’« extrême-droite » en Autriche, la table naguère si bien ordonnée de la bienpensance mondialisante et médiatique, avouez qu’on aurait sacrément tort de se priver ! Mettons-leur donc sans hésiter nos bulletins de vote dans le Fillon !

Le Maire… célibataire électoral en attente de « mal dominant » ?

Malgré les espoirs que l’oligarchie avait – un temps – mis en lui, Le Maire n’aura finalement pas été porteur (oui, je sais, elle est facile, mais elle m’amuse !). Son résultat probablement à un seul chiffre suivi d’un ralliement immédiat à Juppé semblait incontournable il y a une semaine encore. Mais la soudaine et spectaculaire résurrection « fillonesque » des derniers jours risque de singulièrement rebattre les cartes : Le Maire a des dents qui raient le parquet, et il se rangera donc sans aucun doute et sans états d’âme derrière celui qu’il estimera avoir le plus de chances de remporter au final la timbale élyséenne. Un choix de ralliement politique qui risque de déboucher sur un plat de lentilles ministériel, cela mérite réflexion ! A suivre donc…

Copé, ou le naufrage pathétique de  l’hubris de Meaux

Sa vengeance aura fait long feu, pas même le temps de cuire un pain au chocolat à quinze centimes d’euro. Que dire de plus sur la candidature du gaillard ? Le ridicule n’a jamais tué personne en politique (on peut d’ailleurs le regretter), et il est fort probable que son résultat fera passer les déroutes électorales présidentielles des écolos pour des performances de tout premier ordre. Mais La Plume, urticante certes, reste foncièrement humaine, et ne dissertera donc pas plus avant de la candidature Jean-François Copé pour ces primaires : s’il est peu élégant de tirer sur une ambulance, il est encore plus discourtois de tirer sur un corbillard.

NKM : tant va la cruche à l’eau… qu’à la fin elle nous les casse !

La principale qualité de la bécasse des primaires aura donc été… d’être une femme. C’est dire la fulgurante nécessité de sa candidature. Encore plus socialo-compatible qu’Alain Juppé (c’est dire !), aussi souple idéologiquement qu’électoralement (elle est à la fois députée de l’Essonne et… conseillère municipale et présidente du groupe UMP à Paris), elle aura pu, durant la campagne et notamment durant ses interventions médiatiques, dérouler jusqu’à plus soif son rire de dinde versaillaise et ses œillades de petite fille bourgeoise qui veut parfois se la jouer proche du populo. Pour elle, l’avenir de la France est essentiellement dépendant de la lutte contre le supposé réchauffement climatique et la réduction de la fracture numérique (si, si), certainement pas de la lutte contre la mondialisation libérale, la désindustralisation, l’immigration de masse, la communautarisation de la société ou la menace islamiste. C’est dire à quel point la donzelle plane dans la « boboïtude » ! Qui se ressemble s’assemble, son ralliement à Juppé ne fait évidemment pas le moindre doute.

Jean-Frédéric Poisson s’est-il noyé dans le politiquement correct et les eaux troubles des primaires ?

De tous les candidats à cette mascarade électorale, Jean-Frédéric Poisson est sans doute le seul à avoir souvent affirmé de vraies convictions politiques : mariage homosexuel, PMA, GPA, avortement, racines chrétiennes de la France, nécessité du dialogue avec la Russie, pragmatisme et fin de l’ingérence atlantiste en Syrie, dédiabolisation du FN… Poisson a osé très souvent, et non sans un certain panache, nager à contre-courant de sa famille de pensée politique (enfin, pensée, c’est une façon de parler !). Beaucoup de bonnes choses dans ce Poisson-là, dont la candidature de témoignage méritait à tout le moins le respect, peut être même le ralliement, malgré quelques incompréhensibles incohérences ou erreurs d’analyse (dont principalement – à mon sens – un refus absurde de la préférence nationale et un européisme, désormais totalement suranné, mais chez lui encore très affirmé). Et puis, tout d’un coup, patatras !

Empêtré dans la consternante polémique médiatique ayant suivi ses propos pourtant pleins de bon sens (et incontestables) sur le lobby sioniste supportant Hillary Clinton, polémique inique (la réalité d’un lobby ouvertement et furieusement sioniste aux USA, principalement autour de l’AIPAC, n’est un secret pour personne outre-atlantique) orchestrée de main de maître par le CRIF (qui n’est bien sûr pas un lobby en France, CQFD) et ses affidés journalistiques (la liste est désespérément trop longue pour être déroulée ici), Poisson, bien qu’ayant tenté de faire un instant face, suite aux demandes d’excommunication primaire exigées en meute par NKM, Estrosi et autres cuistres aux allégeances interlopes, et au déchaînement communautaire et médiatique qui s’en est suivi, a fini… par demander pardon. Plus grave encore, il est allé jusqu’à le faire carrément auprès de… Meyer Habib, député français du centre (sic) pour nos compatriotes du Moyen-Orient. Meyer Habib, le Jabba the Hut de l’Assemblée, binational israélien, grand pote et longtemps conseiller de son chéri bibi Netanyahu, dirigeant… du CRIF, et lobbyiste constant sur les bancs de l’Assemblée Nationale d’un état ouvertement raciste et constamment colonial dont je tairai ici le nom (je rigole). Si l’un de mes chers lecteurs trouve une intervention du député Habib au parlement français n’ayant aucun rapport avec Israël, l’antisémitisme ou la mémoire de la Shoah, qu’il me le fasse savoir : pour ma part, j’ai longtemps cherché et je n’ai pas trouvé ! Un appel et une contrition téléphonique qui ont permis au cuistre susnommé de jouer les docteurs de la Loi et les autorités morales avec un aplomb et une indécence qui donnent le vertige. Je cite le gaillard :

« Jean-Frédéric POISSON m’a téléphoné hier après-midi et nous nous sommes longuement entretenu (sic) de la lettre que j’ai adressée dimanche à la présidente de la Haute Autorité pour la primaire au sujet de ses propos troublants sur les « lobbies sionistes », lettre que j’ai publiée hier dans le HuffingtonPost. Il a réitéré ses excuses, m’a redit qu’il avait commis une erreur et qu’il voulait parler de groupes de pression aux Etats-Unis. Il m’a demandé pardon ainsi qu’aux Français juifs et aux Israéliens, qui ont été profondément heurtés par ses propos. Jean-Frédéric POISSON m’a assuré qu’il n’était pas antisémite et condamnait l’antisémitisme. Il m’a rapporté quelques anecdotes personnelles pour en témoigner… J’ai pris acte de ses paroles et l’ai senti sincère. En ce qui me concerne, je clos cette affaire à ce stade. Je pardonne mais n’oublie pas. Seuls les actes compteront et la vigilance s’impose ».

Meyer Habib, 26/10/2016

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Meyer Habib dans ses « œuvres » foncièrement nationales à l’Assemblée, le 11 mai 2016.

Alors bien sûr, tout n’est pas à jeter dans ce Poisson-là. Mais tout de même : on croyait avoir trouvé un Barracuda, et on a fini avec une limande. La déception fut, pour moi en tout cas, particulièrement brutale…

Provoquons la détresse de Pécresse !

Dernière raison délectable de leur « mettre notre vote dans le Fillon » : récompenser comme elle le mérite cette chère Valérie Pécresse. La présidente de la région Ile-de-France, « filloniste » historique a, il y a quelques jours à peine (juste avant que la remontée fantastique de son ex-poulain ne s’enclenche) et présageant une défaite cinglante du sarthois, lâché celui-ci en rase campagne électorale, pour se ranger courageusement derrière le grand favori des sondages, Alain Juppé. Lequel lui a immédiatement et presque explicitement promis dans la foulée le poste de Premier ministre dans son futur gouvernement. L’appel de la gamelle ministérielle a des raisons que la morale et la droiture ignorent, nous le savons depuis longtemps. Sur ce plan en tout cas, les femmes sont des hommes politiques comme les autres, et c’est très loin d’être un compliment. Un succès final de Fillon, comme la manifestation d’une justice immanente, permettrait également de foutre une gigantesque baffe à cette pathétique arriviste de la dernière heure. Avouez que ce serait, là aussi, sacrément jouissif, non ?

Voilà que se termine ce petit tour d’horizon primaire… A dimanche soir donc, chers lecteurs, en espérant un nouveau (petit) coup de tonnerre politique dont l’époque semble avoir en ce moment le secret, ce qui, je crois pouvoir l’écrire, est très loin de nous déplaire, à nous autres nauséabonds qui pensons encore et toujours en dehors des clous !

Marc LEROY – La Plume à Gratter

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1) « En Tunisie, en Egypte, en Syrie… ne stigmatisons pas à priori tous ceux qui se qualifient d’islamistes. Il y a des gens attachés à l’islam et en même temps prêts à accepter les règles de base de la démocratie » (Alain Juppé, Le Parisien, août 2011).

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24 Responses to Primaires de la droite : et si la paire et Le Maire l’avaient finalement dans le Fillon ?

  1. Rességuier le 4 décembre 2016 à 8 h 24 min

    Vous avez retrouvé tout votre sens critique, voila le signe d’un bon rétablissement. Bravo pour votre diagnostique aux primaires, dites moi, zavez un petit tuyau pour le prochain tiercé ? ! …

  2. Christine le 20 novembre 2016 à 22 h 38 min

    Mon cher Marc , analyse non seulement excellente…. mais aussi visionnaire!!!
    Ils l’ont effectivement dans le Fillon semble t-il…
    Bises.

    • marc le 21 novembre 2016 à 22 h 53 min

      J’ajouterai que cela fait du bien par où ça passe… si j’ose dire ! :-)

      Tendrement vôtre

  3. Catherine le 20 novembre 2016 à 15 h 09 min

    Sûr, c’est le marais et quoiqu’on fasse, dans le marais, on s’embourbe.

    N’empêche, faire ou ne pas faire, on fait toujours n’est-ce-pas!

    Alors, j’ai mis mon bulletin ce matin, pour JF poisson, consciente de ses retournements, certes, mais histoire quand même de « lancer », le terme n’est pas adapté bien sûr, un message aux philocrates de tous poils qui nous vendent du minoritaire de tous poils qui finit par faire barrage à l’élan vital qui se réclame et aspire à la différenciation( relire ou lire Farenheit 451 de Bradbury est éclairant) parce que j’en ai marre de bouffer toujours à la même gamelle et que les fondamentaux, il serait bon qu’on s’en souvienne si l’on souhaite vivre un peu, n’en déplaise aux consuméristes d’égalitarimétrie ankylosante car asphyxiante au bout du compte, faute d’oxygène.

    ça ne sert à rien, mais on est arrivé à un tel point de désespérance crasse et profonde qu’on est obligé de revenir au petit, au minuscule, pour tenter de trouver un petit, tout petit espace de respiration , histoire de ne pas crever tout de suite.

    • marc le 21 novembre 2016 à 22 h 55 min

      Chère Catherine,

      sachons nous réjouir tout de même des menus (pas si menus d’ailleurs) plaisirs que ces primaires arrivent tout de même à nous procurer : Sarkozy et Juppé rangés au magasin des antiquités de la politicaillerie, ça se savoure !

      Bises

    • Rességuier le 4 décembre 2016 à 8 h 16 min

      Que d’âneries lorsque l’on a 2 € de trop !!!

  4. Jean-Claude Féray le 19 novembre 2016 à 17 h 55 min

    Brillante analyse, documentée, pertinente et piquante !
    Nous sommes libérés de nos inquiétudes sur votre convalescence, ce qui ne nous empêche pas de vous assurer encore de notre soutien moral. Bien cordialement.

    • marc le 19 novembre 2016 à 19 h 54 min

      Merci Jean-Claude, cela fait sacrément plaisir de tels compliments pour une reprise ! :-)

      La convalescence est moins simple que je l’avais espéré, mais j’avance…

      Votre soutien et votre fidélité me sont on ne peut plus précieux !

      Amitiés

  5. PR CALGUÈS le 19 novembre 2016 à 15 h 36 min

    Cher Marc,
    et en plus vous avez bien choisi vos photos. Au hasard :
    - Nicolas et sa Manman !
    - Jean François avec le cadeau de Ziad au poignet,
    - Ali, le coadjuteur de Bordeaux,
    - François , le pirate des Caraïbes, etc.
    Que du bon !
    Vous êtes en grande forme et je m’en réjouis.
    Bien à vous.

    • marc le 19 novembre 2016 à 20 h 01 min

      Cher PR CALGUES,

      le plaisir que vous avez eu à me (re)lire n’a d’égal que celui que j’ai toujours à consulter vos commentaires !

      Merci pour le compliment sur les photos, peut-être avez-vous remarqué que je mets toujours beaucoup de soin à chercher, sélectionner (et adapter) mes illustrations (ce qui n’a l’air de rien, mais c’est du boulot !)? J’espère aussi que vous avez repéré qu’elles sont toujours assorties de commentaires (quand on pointe la souris dessus) ?

      En grande forme épistolaire, je l’espère, physiquement, ce n’est pas encore cela. Il me faut être un peu patient, la chirurgie (et donc ses suites) fut lourde, plusieurs mois seront nécessaires pour digérer le « charcutage » ! :-)

      Sincèrement vôtre

  6. Soyeux j-j le 19 novembre 2016 à 13 h 00 min

    Ah! cher Marc quel billet,et quel plaisir enfin de vous lire tranchant comme un rasoir,avec humour et
    derision.Pan dans le mille,tous ces charlots remis a leur place,que du bon.A croire que le crabe vous donne la frite.Ce billet devrait etre affiché dans les bureaux de vote.
    Amitiés et courage je pense a vous souvent.
    J-J S

    • marc le 19 novembre 2016 à 20 h 05 min

      Merci Jean-Jacques !

      Malheureusement, mon crabe (soyons positif : mon ex-crabe ?) ou plutôt les suites de son ablation peinent à s’éteindre tout à fait : il y a des jours ok, et des jours sans… :-( Mais je crois que cela avance tout de même ! :-)

      Concernant les primaires, j’espère que demain soir, on va rire un bon coup (genre Sarko éjecté au 1er tour)… quel suspens !

      Amitiés

  7. Mildred le 19 novembre 2016 à 11 h 09 min

    Petite question subsidiaire : vous nous parlez de Valérie Pécresse rangée derrière le favori des sondages, mais qu’est devenu Xavier Bertrand qui, nous dit-on, n’est pas pressé de choisir son candidat. Pourtant je l’ai vu sur bfmtv à Bobigny derrière Emmanuel Macron :

    http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/emmanuel-macron-candidat-a-la-presidentielle-mercredi-quels-sont-ses-atouts-et-ses-handicaps-885425.html

    • marc le 19 novembre 2016 à 20 h 17 min

      Je pense qu’il s’agit d’images d’archives d’une visite de Macron, alors encore ministre de l’Economie, dans le Nord-Pas-de-Calais. Oups, pardon dans les Hauts de France !

      Je vous fiche mon billet qu’en bon franc-mac, Bertrand fera très vite partie du Juppéthon !

      Bises

  8. Mildred le 19 novembre 2016 à 10 h 21 min

    Fêtons le retour de cette belle Plume dont la lecture fut un vrai régal !

    • marc le 19 novembre 2016 à 20 h 12 min

      Merci chère Mildred,

      et ayons tous les deux une pensée émue pour ce pauvre Corto, de corvée de dépouillement ce dimanche, et qui doit à cette heure (et durant celles qui vont suivre jusqu’au résultat final) sacrément se ronger les sangs devant le risque (désormais réel, et je dois le dire, pour moi infiniment jouissif) de voir son champion se faire éjecté dès le premier tour des primaires ! :-)

      Je ne crois évidemment pas plus en Fillon, et vous avez lu ce que je pense de Juppé, mais… les menteurs et les traitres doivent un jour recevoir la monnaie de leur pièce (de théâtre, en l’occurrence !). Simple question de justice et de morale.

      Bises

  9. Christine le 19 novembre 2016 à 0 h 59 min

    Excellent !!!
    Tu nous as beaucoup manqué…Bon retour mon cher Marc !!!

    • marc le 19 novembre 2016 à 1 h 47 min

      Merci de ton fidèle soutien et de ta bienveillante patience, ma chère Christine. La convalescence est plus ardue que je l’avais dans un premier temps espéré, mais je remonte peu à peu la pente !

      Bises

  10. Pascale le 19 novembre 2016 à 0 h 28 min

    Voila notre chère Plume de retour, et en très grande forme ! Décidément toutes ces élections de part et d’autre de l’Atlantique sont pleines de surprises…

    • marc le 19 novembre 2016 à 1 h 48 min

      Pourvu que ça dure, ma chère Pascale ! Pourvu que ça dure… et jusqu’au printemps 2017 !

      Bies

  11. Boutfil le 18 novembre 2016 à 23 h 18 min

    très vieux, très vieux, il est de la même année que moi, il a 70 passés.. malotru….bon ceci dit, je voterai Fillon aussi, je sais que Corto va m’en vouloir mais bon..je veux que Juppé se vautre
    bisous

    • marc le 18 novembre 2016 à 23 h 30 min

      ma belle… je parle du kilométrage politique, pas de celui des artères ! Si tu décidais de te lancer en politique, tu serais une petite jeunette !

      Bises

  12. corto74 (@corto74) le 18 novembre 2016 à 22 h 39 min

     » voire très vieux » ?? te rends tu compte que dans quelques années tu seras  » voire trèès vieux  » comme eux ?
    Bon retour parmi nous
    besos

    • marc le 18 novembre 2016 à 22 h 52 min

      Le « très vieux » c’est pour ton pote Alain, mon garçon !

      Besos itou

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