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Lancement avorté du Juppéthon : le repris de justice ne sera finalement pas repris de justesse !

6 mars 20171
Lancement avorté du Juppéthon : le repris de justice ne sera finalement pas repris de justesse ! 4.98/5 40 votes

La solution « idéale » espérée par toute la médiacrature et une bonne partie des petits marquis de l’ex-UMP pour définitivement se débarrasser du vilain petit canard sarthois aura donc fait long feu : le maire de Bordeaux a finalement jeté l’éponge électorale, renoncé au rêve présidentiel, laissant sur le carreau tous ceux qui, ces derniers jours, ont abandonné avec plus ou moins d’élégance (le « moins » étant incommensurablement plus aisé à relever que le « plus ») le malheureux moine soldat Fillon, la gueule cassée devrait-on écrire, tant le vainqueur triomphal des primaires de la droite et du centre est aujourd’hui fragilisé, décrédibilisé, atomisé même par les conséquences délétères du Pénélopegate.

On relèvera au passage le culot sidérant de ceux qui prétendaient, au nom de la « morale politique » bien entendu, remplacer un candidat suspecté d’avoir salarié fictivement son épouse et possiblement mis en examen (ce qui, rappelons-le, n’implique en rien sa culpabilité finale) par un candidat… condamné le par le tribunal correctionnel de Nanterre à 18 mois de prison avec sursis et à dix ans d’inéligibilité pour avoir « délibérément recouru à des arrangements illégaux » et « trompé la confiance du peuple souverain », une peine qui sera ramenée en appel par la cour  de Versailles, le ,  à 14 mois de prison avec sursis et « seulement  » un an d’inéligibilité. Dans le genre « Juppé lave plus blanc », avouez qu’il fallait tout de même oser !

Le Juppéthon, initié par les lieutenants du crâne d’œuf girondin à grands coups de téléphone, aussi bien aux élus qu’aux principaux journalistes et médias en vue, vient de se crasher spectaculairement en vol, suite au succès non négligeable de la manifestation de soutien à Fillon, ce dimanche 05 mars au Trocadéro. Certes, les 200 000 manifestants revendiqués fièrement par celui-ci  hier soir au journal de 20 heures de France 2 sont à peu près aussi crédibles que les 20 000 annoncés par la préfecture. N’empêche : réussir à rassembler (en quelques jours à peine) sans doute cinquante à soixante mille personnes a suffi pour démontrer l’existence dans l’électorat de la droite d’un fort courant militant qui refuse catégoriquement, malgré la tempête judiciaire et médiatique, que soit remis en cause son choix issu des primaires.

Ce choix on ne peut plus clair, plus cinglant, actant la défaite ou plus exactement l’écrasement électoral de celui que tous les « sachants » de France et de Navarre nous avaient pendant des mois vendu comme étant l’incontournable, l’inévitable futur Président de la République Française, c’est-à-dire Alain Juppé, n’avait donc pas – on vient de le voir – empêché toute une partie de la « noblesse » de basse cour LR et la quasi intégralité de la classe médiatique d’espérer encore et toujours nous ressortir du placard bordelais l’ex « meilleur d’entre nous », bien plus encore europhilo-socialo-bobo-mondialo-immigro compatible que l’austère père Joseph de la Sarthe. La piétaille militante de base, refusant de se faire voler sa victoire idéologique en voyant l’essentiel des petits baronnets du parti tenter de faire rentrer par la fenêtre des manœuvres d’appareil celui qu’elle avait éjecté de la compétition présidentielle par la porte des urnes, a planté ce dimanche au Trocadéro le dernier clou dans le cercueil des espérances élyséennes d’Alain Juppé. Aigri jusqu’au trognon, bien plus petit que beau joueur, mais ayant conservé – lui – encore un peu de lucidité (contrairement à ceux qui prétendaient le remettre en selle), conscient du rejet presque phobique qu’il suscite pour une part très conséquente de l’électorat de droite, l’amer de Bordeaux a donc cette fois définitivement jeté l’éponge… Le Juppéthon de la dernière chance, ou plus exactement de la dernière déchéance, à peine lancé, a fait un gigantesque bide.

Et maintenant le vrai « plan B »… comme Baroin !

La voie est-elle désormais libre pour François Fillon ? Evidemment non, car c’est maintenant du côté des fans du petit Nicolas que les couteaux vont sortir, et les coups de poignards dans le dos qui vont avec aussi ! Dans ce feuilleton de « série plan B » qui devient sacrément rasoir, les frondeurs fillonophobes du clan sarkozyste vont à leur tour « entrer dans la contredanse » et, comme la deuxième lame qui prétend couper le poil de sourcil sarthois afin qu’il se rétracte, à leur tour juger et condamner, appeler au retrait de Fillon au nom de l’intérêt général. Et cette fois (pour le coup de grâce ?), c’est apparemment la candidature Baroin qui va être lancée dans les pattes flageolantes du vainqueur de la primaire ! Baroin, le pendant, le clône presque parfait à « droite » d’un  Macron à « gauche » ! Baroin, l’homme de la franc-maçonnerie, celui qui voulait éradiquer les crèches de Noël des bâtiments publics ! Celui-là même qui, anticipant avec son mentor Sarkozy l’inévitable « foirage » du plan B juppéiste, s’est fort judicieusement affiché hier, non par soutien mais évidemment par calcul, sur le podium de la manifestation du Trocadéro ! Il aura ainsi, dans les jours qui viennent et qui s’annoncent agités, tout loisir de se présenter… non comme un traître incendiaire (tendance Juppé) qui a essayé de s’asseoir sur la volonté militante, mais comme le pompier de la dernière chance qui se sacrifie pour sauver la campagne présidentielle de la droite : chapeau l’artiste !

Juppé a donc on l’a dit enfin définitivement renoncé, non sans donner quelques derniers coups de pieds de l’âne à son net vainqueur de novembre. Quand on est inélégant, on l’est jusqu’au bout. Bien entendu, il y a du coup fort à parier que les initiateurs malheureux du Juppéthon se rangeront très vite en rangs serrés derrière le nouveau champion de remplacement du « tout sauf Fillon »…

Le système parviendra-t-il enfin à liquider le vilain « catho » Fillon, terne et très largement surévalué par ses partisans, mais pas assez bienpensant pour lui ? Réussira-t-il à lui substituer un bellâtre sans saveur, un Macron de droite, un maçon anti-catholique avéré… pour remplacer à l’Elysée un de ses frères à compas et truelle, qui vient d’ailleurs d’être le premier Président de la République en exercice à oser aller se prosterner au Grand Orient de France (apparemment, l’allégeance au CRIF ne lui suffisait plus) ? Nous ne devrions pas tarder à le savoir…

En attendant, et si comme le dit l’adage, il faut se presser de rire de tout de peur d’être obligé d’en pleurer… qu’est-ce que je me marre !

Marc LEROY – La Plume à Gratter

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10 Responses to Lancement avorté du Juppéthon : le repris de justice ne sera finalement pas repris de justesse !

  1. Un crétin le 13 mars 2017 à 18 h 01 min

    La droite la plus conne du monde est à l’oeuvre, rendre une partie gagnée d’avance ( aux dires des siens ) perdable à 100 % ! ne pas être même au second tour ! fallait le faire !!! ils l’ont fait !!!

  2. Peg le 10 mars 2017 à 1 h 44 min

    Ces élections font surtout penser à une vaste bouffonnerie, digne de la république bananière qu’est devenu notre pauvre pays. Tous ces prétendants au trône sont plus veules les uns que les autres. Merci monsieur Leroy d’arriver à nous faire sourire de ce pitoyable spectacle!

  3. PR CALGUÈS le 8 mars 2017 à 10 h 15 min

    Sur l’air de « Reviens, veux-tu » le spectacle que donnent au Pays depuis deux jours LR et les Centristes est une véritable honte.
    Tout ça pour perdre dès le 1er tour ! En plus.

  4. PR CALGUÈS le 7 mars 2017 à 17 h 11 min

    « Le comité politique de LR renouvelle «à l’unanimité son soutien» à Fillon ».
    Sidéré, je suis.
    Voir incrédule et stupéfait, toute la clique du comité politique de LR bavasser son soutien à Fillon m’a rendu un peu plus ronchon !

    • marc le 8 mars 2017 à 10 h 17 min

      Chaque jour, ils font plus fort que la veille ! Jusqu’où s’arrêteront-ils ?

      Amitiés

  5. trechelaplaine le 7 mars 2017 à 0 h 54 min

    On assiste à un incroyable carnaval de girouettes affolées d’avoir échoué à sortir le « meilleur d’entre-deux » de sa sieste « post-primaires ».
    Ce spectacle pitoyable serait à mourir de rire s’il n’était pas un indice supplémentaire de la décadence avancée de cette bande de cuistres vivant au crochet d’une République pour laquelle ils ont moins de respect qu’un maquereau pour ses catins !

    • marc le 8 mars 2017 à 10 h 19 min

      En effet, il devient difficile de seulement croire à ce qui se déroule sous nos yeux… c’est du jamais vu à mon sens dans le pathétique, en tout cas sous la Cinquième République…

      Amitiés

  6. Mildred le 6 mars 2017 à 16 h 59 min

    Les seuls qui ne se sentent pas cocus – enfin pas encore – sont ceux qui ont refusé de se déplacer pour ces primaires et qui, comme vous et moi, peuvent se marrer, aujourd’hui.
    Sauf que, quand je vois tout ce peuple qui y croyait, et qui s’est encore déplacé ce dimanche, qui n’inspire que mépris à ses élites, j’ai vraiment mal au cœur pour lui.

    • marc le 6 mars 2017 à 17 h 07 min

      Vous avez raison chère Mildred,

      on peut avoir mal au coeur pour ces militants de base quand on voit avec quel mépris ils sont traités par ces fumeuses « élites »… mais on peut aussi être exaspéré par leur capacité à avaler sans broncher ou presque les couleuvres politicardes ! Quand diable comprendront-ils enfin qu’il n’y a rien a attendre d’un parti comme l’ex-UMP qui, depuis trente ans, a avalisé ou favorisé tous les renoncements, toutes les trahisons, tous les abandons de souveraineté qui ont amené la France là où elle en est aujourd’hui ?

      Bises

      • Carine le 8 mars 2017 à 0 h 50 min

        Ils en redemandent !
        Moi, ce qui m’a fait rigoler, c’est de voir Fillon en appeler à un rassemblement de ses partisans, lui qui, quand il était premier ministre de Sarkozy,se vantait de n’avoir jamais manifesté, ni même fait grève, sauf une fois au lycée contre sa prof d’Anglais…
        Évidemment, puisqu’il n’a jamais travaillé, il n’a jamais fait de grève.
        Braves gens, battez-vous pour moi et je continuerai à vous islamiser à donf, et vous serrerez votre ceinture, c’est moi qui vous le dis…

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