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L’affaire Baupin et le chœur des fausses vierges effarouchées, « ça suffat comme ci ! »

18 mai 20163
L’affaire Baupin et le chœur des fausses vierges effarouchées, « ça suffat comme ci ! » 4.97/5 36 votes

L'affaire Baupin..Qu’on me permette pour commencer de bien mettre en préambule, dans ce papier de fort méchante humeur, les points sur les i. Ceux des mots « bienpensance » et  « politiquement incorrect », que je combats ou revendique avec la même vigueur (et dans cet ordre) sur La Plume depuis sa création : rien ne me révulse plus, ne m’est plus étranger, n’est plus éloigné de ma conception du rapport hommes-femmes dans une société digne de ce nom, de ce lien que je souhaiterais toujours courtois (sans pour autant être bégueule) et qui devrait lier pour le meilleur et pour le pire, pour le malheur comme pour le rire, une moitié de l’humanité (masculine) à l’autre (celle du beau sexe) que les lourdeurs machistes, les sifflets de beaufs décomplexés, les œillades entendues, les mains et même les yeux baladeurs ; que les publicités qui transforment le corps de la femme en vil objet de consommation sur les abribus de nos villes ; que l’exhibition de ces actrices, jeunes et jolies, généreusement et presque systématiquement dénudées dans les films (même dégoulinants  de politiquement correct) quand leurs partenaires masculins gardent eux, dans une écrasante majorité des cas, bien plus confortablement le bas ; que les amours tarifées et – faut-il vraiment le préciser ? – celles plus ou moins forcées (et directement issues du funeste et supposé aboli droit de cuissage) imposées, la courtoisie et le savoir-vivre aux oubliettes et la bite en bandoulière à certaines qui lui sont subordonnées ou assujetties, par tel ou tel puissant de l’époque, qu’il le soit devenu par l’argent ou par la position sociale (et de plus en plus souvent, l’un n’empêche pas l’autre, bien au contraire).

Ceci dit (et utilement dit me semble-t-il)… qu’il me soit permis d’enchaîner en disant que j’en ai plus que marre de voir la dimension tout simplement délirante prise dans nos chers merdias et par conséquent dans la vie politique française par cette fameuse, par cette fumeuse « affaire Baupin ».

Ainsi donc, monsieur Baupin, l’une de ces pastèques d’EELV bien plus « rouge dedans » que « vert dehors », né à la politique (celle qui remplit les poches, envoie à l’Assemblée Nationale et même à sa vice-présidence, excusez du peu) par la seule grâce politicienne du PS et de ces parachutages électoraux dorés sur tranche que le parti à la rose (désormais bien flétrie) distribue généreusement depuis des années à ses hommes de paille certifiée « bio » du parti soi-disant écolo, Denis Baupin dont on savait déjà que c’était un pitoyable pitre, prêt à tout pour se faire remarquer (voir plus bas), serait aussi un gougnafier de la pire espèce : un DSK du pauvre, le Robin de l’ex « Badman » du FMI, en quelque sorte.

Pendant des années, ce guignol de concours d’Europe-Ecologie-Les Verts (on est en plein pléonasme, je le sais) s’est affiché en féministe d’élite, en virulent pourfendeur du machisme à front de taureau, au point d’inonder la toile de tweets et de poser le rouge aux lèvres au nom du combat « contre les violences faites aux femmes » avec d’autres gugusses de la « politocratie » française comme le navrantissime Jean-Christophe Lagarde ou l’inénarrable Benoist Apparu…

Baupin en rouge à lèvres..

Tout cela n’était donc que simple posture : dans le même temps, bien plus fondamentalement mister Hyde que docteur Jekill, Denis Baupin harcelait ses collègues de parti en paroles, par téléphone, ou même en actes, et jusque dans les couloirs de l’Assemblée, totalement obsédé par son propre « développement du râble » (1). Le tout dans un impressionnant silence de cathédrale au sein de son propre parti… nous allons y revenir.

Quand en 2011 l’affaire DSK-Nafisatou Diallo avait explosé à la figure de toute la médiacrature française, envoyant (pour un temps) à la prison US et (pour toujours ?) aux poubelles de l’histoire politique française notre « idole des jaunes », une affaire autrement plus grave parce que mettant en lumière – elle – une véritable agression sexuelle, on avait d’abord compté sur « les doigts de la main du baron Empain » (Desproges) ou presque les réactions outragées de la « sphère du bien », et bien peu de femmes politiques de premier plan étaient montées au créneau pour défendre la femme de chambre du Sofitel ayant eu à repousser les assauts libidineux du Sardanapale à la rose. Pourtant, comme dans l’« affaire Baupin » et en bien pire, « tout le monde savait ».

Des décennies plus tard, on attend également encore, et des mêmes, les réactions scandalisées, les appels à la démission ou à la retraite politique de Daniel Cohn-Bendit, pour ces écrits ou déclarations que – cette fois – « tout le monde connaît » … rappelez-vous tout de même :

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Ou encore ceci , dans son livre Le grand bazard (Belfon 1975) :

« Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais : ‘Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m’avez-vous choisi, moi, et pas d’autres gosses ?’ Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même »« J’avais besoin d’être inconditionnellement accepté par eux. Je voulais que les gosses aient envie de moi, et je faisais tout pour qu’ils dépendent de moi ».

Aujourd’hui plus que jamais, bien vu mais pas pris, Dany le Rouge a ses entrées partout, politise à la télé, admoneste, condamne et juge, joue les consciences et pond chronique sur chronique sur les ondes d’Europe 1 ou de France Inter. Chapeau, Dany ! Baupin aurait pu, aurait dû en prendre de la graine : il est bien plus anecdotique, pour ne pas dire véniel dans la France « qui pense bien », de tripoter ou se faire tripoter par des gosses de quatre ans que d’envoyer des tweets salaces à ses collègues parlementaires… tant qu’on caresse (si j’ose dire) ses « amis » khmers verts dans le sens du poil (au c…, cela va de soit) !

Car c’est là, c’est pour cela, comme l’a fort bien relevé Eric Zemmour, que l’« affaire Baupin » commence :

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Tout le monde savait chez EELV, mais personne ne disait rien… jusqu’à ce que qu’un (presque) quarteron de politicards verts, encore plus arrivistes que les autres (à l’impossible les écolos sont donc tenus), quittent  en février 2016 le parti radeau écolo pour un plat de lentilles ministérielles. Parmi eux Emmanuelle Cosse, jusqu’alors secrétaire nationale du parti en ayant succédé à ce poste à Cécile Duflot… dont elle choisit alors de chausser les confortables pantoufles gouvernementales, laissées vacantes par la mère de Térébentine (2) au Ministère de la Ville (un tel niveau dans le vaudeville politique, ça ne s’imagine même plus ça se rêve !). Or, Emmanuelle Cosse est … la compagne de Denis Baupin ! Le 18 avril 2016, celui-ci annonce à son tour qu’il quitte Europe-Écologie-Les Verts en mettant en avant des « désaccords avec les choix stratégiques du parti ».

Moins d’un mois plus tard donc, le 09 mai, se roulant dans le journalisme de caniveau, bafouant le respect de la vie privée, la déontologie journalistique la plus élémentaire (diffusion de conversations et échanges privés) et le principe même de la présomption d’innocence (mis en avant quelques années plus tôt et à hauts cris par les presque mêmes dans l’affaire DSK), Mediapart et France Inter publient les témoignages de huit élues et collaboratrices d’EELV (dont Sandrine Rousseau… actuelle porte-parole du parti !) censés s’étaler sur une période allant de… 1998 à 2014. C’est-à-dire, si tant est que ces témoignages relatent des évènements réels (et pourquoi pas ?), pour la plupart d’entre eux prescrits ! La teneur des « crimes » dénoncés aujourd’hi avec un impressionnant et – osons le dire, troublant – retard à l’allumage ? Des propos de plouc lourdingue, des tweets graveleux, voire une main aux seins. Nul, minable, justifiant sans conteste une bonne paire de gifle ou un coup de genou dans les roubignolles, mais pour ce qui d’une action en justice ou d’un lynchage en place publique…

Là dessus, temps médatico-politique et société du spectacle obligent, la machine à broyer s’enclenche, et Cécile Duflot, jamais en retard d’une noble action politique, celle-là même qui en 2003 avait été bien en peine de condamner le crime de son propre beau-frère, le chanteur Bertrand Cantat (qui avait tué sa compagne Marie Trintignant à coups de poings – 19 coups, dont 4 au visage selon les légistes), de venir notamment s’épancher au micro d’Anne-Sophie Lapix sur France 5 (attention, je vous conseille très vivement de vous munir d’un sac à vomi, certains passages de cette entrevue étant d’une telle mauvaise foi, d’un tel opportunisme et d’un tel cynisme qu’ils sont difficilement supportables) :

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Oui, je sais… mais je vous avais prévenus !

Et faut-il vraiment disserter plus avant de cette tribune des « 17 ex-ministres » femmes de tous partis parue en une du Journal du Dimanche, femmes politiques pour nombre d’entre elles d’ailleurs totalement tombées dans les oubliettes de l’histoire politique française, ou pour certaines n’ayant – et c’est un doux euphémisme – jamais hésité à jouer de leurs charmes évidents pour gravir les échelons politiques et occuper des fonctions que leurs seules compétences ne justifiaient pas toujours, mais saisissant dans leur ensemble et comme Cécile Duflot, avec un opportunisme à très gros sabots (et pour pas cher), l’occasion de faire un peu (re)parler d’elles ?

Je vais sans doute passer pour le premier machiste (ce qui est faux) ou le premier mufle venu (ce qui – exceptionnellement je l’espère – sera pour le coup nettement plus vrai j’en conviens, mais trop, c’est trop !) …  Roselyne Bachelot, Corinne Lepage, Marylise Lebranchu ou Yvette Roudy,  victimes de harcèlement sexuel… vous y croyez, vous ? Je sais bien que tous les goûts sont dans la nature (et c’est très bien ainsi), mais tout de même… qu’on nous donne alors le nom des harceleurs, histoire de rigoler un peu… et mesdames qui lirez ces lignes, que les choses soient claires entre nous : j’aimerais tout autant connaître les noms de celles qui, femmes politiques en place, auraient harcelé sexuellement Jean-Pierre Raffarin, Bernard Cazeneuve ou Claude Guéant ! Allez, Mediapart et France Inter : des noms !

Marc LEROY – La Plume à Gratter

* « ça suffat comme ci ! » Renaud, 1989, à l’occasion du bicentenaire de la révolution française.

 _____

1) Il faudrait juste changer un peu la définition du dictionnaire pour que cela colle parfaitement, ce qui pourrait donner ceci : « Râble : n.m. partie du lièvre et du chaud lapin, qui s’étend depuis le bas des épaules du cerveau reptilien  jusqu’à la queue ».

2) C’est véridique : Cécile Duflot a prénommé la fille qu’elle a eue avec son compagnon Xavier Cantat (le frère de l’autre, le meurtrier de Marie Trintignant)… Térébentine… si vous voulez savoir plus avant ce que j’en pense, c’est ici.

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3 Responses to L’affaire Baupin et le chœur des fausses vierges effarouchées, « ça suffat comme ci ! »

  1. Ribus le 22 mai 2016 à 15 h 35 min

    Pour ce qui me concerne, cette affaire m’a plutôt laissé indifférent dans le fond mais, je comprends votre colère à l’égard de pharisiens immoraux qui passent leur temps à donner des leçons de morale à tout le monde.

    Baupin n’est pas pire que les autres, juste obsédé sexuel en plus de son incompétence. Je m’étonne d’ailleurs que les catins qu’il a troussées ne l’aient pas surnommé «  belle pine » …D’ailleurs, toutes n’ont pas dû refuser les faveurs de ce turgescent écologiste.

    Mais que dire de cette affaire si on réfléchit un peu ?

    Baupin a démissionné au bout de 2 jours de son poste de vice-président de l’Assemblée nationale …pour être remplacer par …un autre écologiste, pardi ! Cela fonctionne sur le même principe qu’une roue de bicyclette : on enlève le vieux pneu crevé et on en met un neuf. La politique, c’est simple, comme le cyclisme.

    Parle-t-on encore de Baupin aujourd’hui ? Eh, non ! Tout le monde s’en fout y compris les socialistes. Il a occupé l’espace médiatique utilement pendant 48 heures grâce à ses performances sexuelles, 48 heures donc, sans chômage, sans terrorisme, sans fermeture d’usine. C’est un bienfaiteur du socialisme, en somme et ses immenses services rendus à la «  Socialie » seront, n’en doutons pas un seul instant, récompensés.

    Une fois purgées les chicanes des greluches écolo, il va falloir réhabiliter le pauvre Baupin. Cela, c’est la suite non encore écrite. Après tout, il n’a fait que culbuter quelques femmes souvent trompées et délaissées ce qui est un signe d’altruisme et de vitalité.

    Sur ce, Marc, bon Dimanche, prions pour notre Patrie et implorons notre Sainte, Jeanne d’Arc.

  2. Vent d'Est, Vent d'Ouest le 20 mai 2016 à 20 h 17 min

    On ne les a pas entendues, ces dames puritaines, s’insurger contre les viols à Cologne et ailleurs. Ou étaient-elles ? En hibernation ?

  3. trechelaplaine le 19 mai 2016 à 11 h 09 min

    Avant de crier au loup ou de lâcher les chiens, mieux vaut effectivement rester circonspect: chacun sait que tant que les espoirs et les promesses, même futiles, seront plus forts que le respect et l’honneur, il y aura des affaires Baupin…. et des langues qui se délient lorsque le mentor n’a plus d’utilité ! Triste réalité !

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