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Cannes, Roland Garros, Berlin ? Laissez aller, c’est un Valls !

10 juin 20154
Cannes, Roland Garros, Berlin ? Laissez aller, c’est un Valls ! 5.00/5 25 votes

Ce n’est pas la première fois que je l’écris sur La Plume, et au train où vont les choses, ce n’est certainement pas la dernière fois que j’aurai à le réécrire ou que nous aurons, vous comme moi, la triste occasion de le penser très, très fort : on vit vraiment une époque fort minable…

Qu’ils viennent de feu l’UMPS ou de ce que l’on est désormais bien obligé d’appeler l’RPS (avec la prononciation explicite qui s’impose) qui à peine né, développe déjà une impressionnante capacité à nous rendre malades et à nous filer des boutons, les ploutocrates qui nous gouvernent, pour paraphraser Michel Audiard, c’est comme les cons, ça ose vraiment tout, et c’est même à ça qu’on les reconnaît ! (1)

L’épisode sidérant du récent voyage « de travail » de Manuel Valls à Berlin à l’occasion de la finale de la Ligue des Champions entre le FC Barcelone et la Juventus de Turin, aussi pathétique et dérisoire que scandaleux, en aura donc été un nouveau révélateur, tant sur le fond que sur la forme, tant par le scandaleux fait du prince « républicain » et le détournement d’argent public qu’il constitue que par les « explications »  invraisemblables de culot ou de cynisme que sa divulgation journalistique (dans un premier temps d’ailleurs fort timide) mais bien plus encore les réactions scandalisées de l’opinion publique ont provoquées, explications extravagantes qui se sont multipliées en vain pour tenter d’éteindre l’incendie qui s’est développé comme une traînée de poudre via les réseaux sociaux et que les « Marie-Antoinette » oligarchiques qui nous dirigent, trop occupées à se gaver de brioche, n’avaient une fois de plus absolument pas vu venir.

« Carton rose … Le foot, le foot, le foot, la France est foutue… » (2)

Sous le gouvernement d’une Socialie qui, telle une mauvaise blague potache virant à la tartufferie sordide, a sombré depuis mars 2014 dans la « Valls » à mi-temps (le Premier Ministre, et c’est justement une grande première, quitte presque toujours son bureau de Matignon aux environs de 17h30, comme le premier fonctionnaire de base venu), une danse chaque jour un peu plus tragique pour la France, passant par la « grâce » du petit caudillo catalan, de Christiane Taubira, Najat Vallaud-Belkacem, Laurent Fabius et tout leur orchestre, de la répression de la Manif pour Tous à la chasse d’Etat au Dieudonné, d’une Loi sur le renseignement scandaleusement liberticide mais votée presque d’une seule voix par tout l’RPS, à une réforme des programmes scolaires destructrice et francophobe imposée à la schlague pédagogiste. Et le carton plein électoral de 2012, rendu possible par le bilan désastreux du Petit Nicolas lors de son lamentable quinquennat élyséen, et après plusieurs cartons jaunes électoraux dont le pouvoir, autiste et sectaire jusqu’à l’extravagance n’a tenu aucun compte, vire aujourd’hui très clairement au « carton rose » en attendant – du moins peut-on l’espérer – de tourner enfin à l’indiscutable, au définitif carton rouge à l’occasion des présidentielles de 2017, et peut-être même avant si les Français, à l’occasion des régionales de cet hiver par exemple, décidaient enfin que la farce tragique n’a que trop duré.

On avait déjà vu le même Manolito Valls (et une bonne partie de la mafia « hollandienne ») faire le paon sur le tapis rouge du Festival de Cannes il y a quelques semaines, on eut donc et presque dans le même mouvement les escapades sportives de Valls à Berlin et de Manuel à Roland-Garros ! Petite genèse de la descente aux enfers médiatiques du (toujours ) locataire de l’Hôtel Matignon :

Le 06 juin 2015, en plein congrès du Parti Socialiste auquel il participe (ce qui est déjà selon votre serviteur un sacré mélange des genres, pour celui qui est en charge non pas du programme du PS, mais de la politique de la France), Manuel embarque dans un Falcon de la République pour aller assister à Berlin à la finale de la Ligue des Champions entre le FC Barcelone et la Juventus de Turin. Le tout, bien évidemment, aux frais de la princesse.

Dès que la nouvelle de l’escapade footballistique commence à déborder des réseaux sociaux pour investir les colonnes des journaux, le service de Matignon et son actuel patron cherchent avec un dédain et une fierté pincée en vérité assez sidérante à désamorcer la polémique et à faire taire les critiques. La première réponse de notre petit caudillo catalan est d’ailleurs celle-ci : « Je suis Premier ministre. Je me déplace avec les moyens que vous connaissez. N’essayez pas de créer de faux débats ». Avant de rajouter qu’ « il y a toujours des grincheux », qu’il  « travaille beaucoup » et qu’il a droit à « un moment de détente ». Pour faire encore plus clair : circulez, y a rien a voir ! Notez bien au passage, braves gens, qu’à ce moment de l’histoire, le caractère professionnel de la virée berlinoise n’est pas encore d’actualité…

Malheureusement pour le cuistre, cette réponse qui se veut donc définitive est loin de calmer les esprits et d’apaiser l’opinion publique, d’autant plus que les premières évaluations financières de l’escapade, évaluations oscillant entre 12 000 et 27 000 euros, ont de quoi charger un peu plus la barque du dégoût populaire, bien plus en tout cas que la légèreté indécente de cette défense oligarchique jusqu’à l’extravagance.

Hollande et son humour pompier de service

Tel un « Sancho Pansu » arrivant à la rescousse d’un « Don Quichiotte » dramatiquement empêtré dans les ailes de son moulin à faire du vent, François Hollande tente alors de voler à la rescousse de son Premier sinistre, prétendant lui aussi éteindre définitivement l’incendie. Et c’est donc  lui qui le premier ose avancer l’argument qui deviendra dans les jours qui suivent le seul élément de réponse du pouvoir face à l’opinion publique, d’abord  choquée, puis totalement réprobatrice : le voyage de Manuel Valls n’est pas un voyage d’agrément, mais un voyage de travail ! CQFD ! Et c’est encore plus beau en l’écoutant :

 http://www.dailymotion.com/video/x2t62wc

On en pleurerait presque, tiens ! Notre pauvre Manuel sacrifie donc parfois même ses soirées, ses week-ends, dans un sinistre stade de foot allemand… pour servir la France. Ce que c’est que de l’esprit de sacrifice, tout de même !

L’Elyséen ayant parlé, son proche entourage l’affirme alors de re-chef : « il n’y a pas de sujet. Le président a défendu le Premier ministre lundi soir. Point. Et ça s’arrête là ». Sauf que… malgré le secours présidentiel, ou le renfort appuyé de nombre de petits camarades de parti et/ou de gouvernement tels Jean-Christophe Cambadélis, qui décrète ce déplacement « pas maladroit vu le nombre de Français qui ont regardé le match » (sic) ou Michel Sapin répondant dans un premier temps sur RTL à l’inénarrable Jean-Michel Apathie : « inutile de gâcher du temps à en parler », puis (comme celui-ci lui précise que tous les appels d’auditeurs ne parlent que de cela) que  « si le Premier ministre se déplace là-bas, il se déplace comme Premier ministrepour préparer l’Euro 2016 de football » qui sera « un grand moment d’investissement, un grand moment de croissance », « ça » ne s’arrêta pas justement, ni dans les médias, si surtout dans l’opinion publique.

D’autant plus que le  Manolito, plus déconnecté que jamais des réalités et enfermé dans sa tour d’ivoire oligarchique comme un ver solitaire dans un bocal de laboratoire, enchaîne presque aussitôt avec un autre petit intermède « peopolo-sportif » : le dimanche même qui suit sa funeste escapade berlinoise, il vient cirer de son petit cul pincé de matador catalan un siège des tribunes VIP lors de la finale du tournoi de Roland-Garros entre Novak Djokovic et Stanislas Wavrinka. A ce niveau de sacrifice, on en reste sans voix. La France est dans le marasme, les Français dans la mouise, le chômage n’en finit plus d’augmenter ? Manuel n’en oublie pas pour autant de s’accorder des menus plaisirs aux frais de l’Etat, et se tape donc dans la même foulée le Festival de Connes, la finale de la C1 et celle du « French open » pour se changer les idées ! On n’est pas des sauvages, tout de même !

Vous êtes choqués, gens de peu de Foi, populistes de bas étage, aigris de basse extraction ? Et bien vous n’avez rien compris, pauvres jaloux, petits et vils mesquins, sinistres « sportophobes » !

Car c’est El Manu qui vous le dit : « le sport a un rôle très important, grâce aux grands évènements internationaux que nous allons accueillir ici en France et le rôle du chef du gouvernement c’est de soutenir ces grands rendez-vous pour la France ». Sacrifice un jour, sacrifice toujours… puisqu’il vous le dit ! Et puis il faut être passionné, dans la vie, bande de rabat-joie ! « Vous avez vu que j’y ai participé avec entrain. Parfois, on me le reproche. Mais enfin, qu’un Premier ministre s’intéresse au sport, que ça soit à Berlin ou à Paris, c’est la preuve d’une passion ». Et d’un culot ou cynisme d’airain, peut-être ?

 http://www.dailymotion.com/video/x2t7g05

Vous aussi, mes fils !

Mais on n’avait encore rien vu, rien su ! Car c’est encore plus « beau » que ce que l’on avait pu dans un premier temps imaginer, encore plus gonflé que ce que l’on avait pu croire : Manuel Valls est allé « travailler » sur l’Euro 2016 et les malheurs de la FIFA à Berlin… avec ses deux fils, qui ont pris place dans le Falcon ministériel… et la tribune du stade berlinois (c‘te blague !), sans que le protocole et le sens de l’éthique de Valls Manuel n’y trouvent rien à redire ! Et d’ailleurs, « la présence des enfants dans l’avion n’ajoute strictement rien au coût de l’affrètement de l’appareil » a-t-on carrément osé plaider à Matignon. Non, non, vous ne rêvez pas ! C’est authentique !

Notre Premier ministre ne se dévoue donc pas seul pour servir la France, pour faire son si rédhibitoire et si pesant boulot ministériel : il oblige aussi ses malheureux enfants à partager ses corvées professionnelles, à l’assister dans son sacerdoce. Et nous qui rechignions… couvrons-nous donc la tête de cendres, de honte, hommes de peu de foi que nous sommes, devant un tel dévouement, un tel sens du sacrifice familial !

Claude Brancabartoleone dans ses très basses œuvres

Mais la tartufferie socialiste ne pouvait être complète sans que celui qui nous sert de Président de l’Assemblée Nationale, l’invraisemblable Claude Bartolone, n’apporte sa pierre, on a envie d’écrire son parpaing, à l’édifice ploutocratique censé protéger Manuel Valls des railleries et ressentiments de la vile populace.

Sur RTL lui aussi, face à Apathie lui aussi, comme son pote Sapin, le peut-être futur président de la région Ile-de-France a enchaîné les perles de concours à défaut d’enfiler celles de culture : « il a eu raison d’y aller. D’abord parce que nous allons accueillir la coupe d’Europe l’année prochaine, et il faut que chaque responsable politique soit aux côtés du mouvement sportif pour que ce soit réussi » a tout d’abord déclaré sans même s’étouffer de rire l’encore président de l’Assemblée, avant de carrément présenter cette escapade footballistique comme étant susceptible… de servir la candidature de Paris aux Jeux Olympiques de 2024 ! Si, si, authentique, là aussi ! Avouez que vous n’y auriez pas songé tout seuls, à celle-là ! Vous aviez tort, et Brancabartoleone vous l’explique : « Sur ces grands événements, il y a toujours un membre du CIO qui traîne et plus on démontrera l’appétence des Français, l’envie d’accueillir les Jeux Olympiques, mieux ce sera » a détaillé notre stratège, étalant en cette occasion un culot, ou plus encore une connerie eux aussi de niveau carrément olympique.

« Il devait y aller, c’était son devoir » (à quand la médaille du mérite ?) a ensuite carrément ajouté notre gugusse de concours. Et de regretter qu’on « essaie de faire toute une histoire de ce voyage ». La présence légèrement embarrassante des deux fistons lors de cette épopée du « devoir » sportif selon saint Manuel Valls ? Billevesées, nous a dit Cloclo ! « Il a deux places libres dans son avion, j’imagine qu’il ne doit pas voir ses enfants tous les jours. Qu’il ait eu cette tentation, franchement… Je comprends parfaitement que dans une période de crise, on en parle beaucoup, mais je comprends aussi ce qu’a pu être l’attitude d’un père Premier ministre ». Si Claude Bartolone n’existait pas… faudrait-il vraiment l’inventer ?

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Tomber de l’armoire ou tomber de sa chaise, là est la question…

On nous dit à présent, sans doute à cause de l’incompréhension et de la colère qui ne faiblissent pas dans la France des « sans-dents », et c’est en tout cas ce que s’applique à faire diffuser désormais par la bande un entourage présidentiel soucieux de préserver ou plutôt d’extirper notre capitaine de pédalo de cette mélasse catalane, que François Hollande, loin de cautionner (comme il nous l’avait initialement lui-même déclaré) l’escapade berlinoise de Manuel Valls, serait en réalité « tombé de l’armoire » en apprenant la virée familiale et « passionnée » de son Premier Ministre en Allemagne. « Tombé de l’armoire », Culbuto,  à cause d’un « voyage de travail  officiel » ? Mais alors… nous aurait-il donc initialement menti  pour couvrir un détournement d’argent et de moyens publics ?

Pour cesser de rire (très jaune, mais l’humour est plus que jamais la politesse du désespoir)… quand diable donc ces cuistres qui nous gouvernent, de droite (Sarkozy a beaucoup donné dans le domaine des avions – publics ou privés – pour des déplacements…  privés) ou de gauche finiront-ils de nous prendre pour des cons, sans aucune conséquence ou presque pour leurs maroquins législatifs, ministériels ou présidentiels ? Ce qui est certain dans toute démocratie qui se respecterait un peu, et c’est d’ailleurs ce qui se passe encore (pour combien de temps ?) dans ces pays pourtant tout aussi vérolés que la France par la ploutocratie et le politiquement conforme que sont l’Allemagne ou la Grande Bretagne, c’est que des démissions forcées pour des détournements d’argent public infiniment moins conséquents que ce voyage footballistique font régulièrement  « tomber de leur chaise » ceux ou celles qui s’en rendent coupables. En France en général et en Hollandie en particulier, il suffit donc de faire quelques jours le dos rond pour laisser passer l’orage… sans plus de conséquences que cela. Mais jusqu’à quand, bon sang ?

Marc LEROY – La Plume à Gratter

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1)  « Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît ! », dans Les tontons flingueurs.

2) Carton rose, célèbre sketch sur le foot et l’homosexualité de Guy Bedos, datant de l’époque où celui-ci était encore un humoriste, certes déjà « engagé » comme on dit, mais encore drôle, et non ce cataplasme cacochyme gauchisant qui me fait questionner sérieusement, chaque fois que j’ai le malheur de l’entendre intervenir sur un média, mon opposition pourtant à priori radicale à la légalisation de l’euthanasie.

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4 Responses to Cannes, Roland Garros, Berlin ? Laissez aller, c’est un Valls !

  1. trechelaplaine le 11 juin 2015 à 1 h 11 min

    Une affaire minable qui en suit d’autres: celle d’Agnès Sall, la « taxi-addicte » du ministère de la culture et celles de Thomas Thevenoud, « l’impôts-phobe » du ministère du commerce, pour ne citer que les plus récentes.
    Encore une belle démonstration de l’inépuisable arrogance de roquet de ce premier ministre et de sa meute de hyènes, lesquelles, à grand renfort de mensonges et d’inepties, expliquent aux Français qu’en « Socialie », les élites ont des privilèges qui n’appellent aucun commentaire et que les gueux n’ont qu’a la fermer.
    Au fait, qui du cabinet a laissé sa place pour que les deux rejetons Valls vissent leur séant de jeunes socialos sur les sièges en cuir du Falcon ?

  2. BOUTFIL le 10 juin 2015 à 20 h 31 min

    pourquoi se priveraient-ils de nous prendre pour des cons ? les français ont l’air d’aimer ça ! pas une manif, rien, puisqu’on te dit que tout-va-bien !

    • trechelaplaine le 11 juin 2015 à 15 h 53 min

      En principe, un fraudeur, un voleur, un escroc, un indélicat, voire un étourdi, pris la main dans le sac reçoit :
      - une sanction disciplinaire et administrative s’il est fonctionnaire;
      - une sanction judiciaire puisqu’il s’agit d’un délit de droit commun;
      - une sanction pécuniaire donc une amende;
      - un gros coup de frein dans sa carrière car il a prouvé son immoralité, sa turpitude et son incapacité à servir l’Etat ou à représenter le peuple;
      enfin, on l’oblige a rembourser ce qu’il a pris par étourderie ou intention délibérée.

      En France, la ploutocratie vole en toute impunité et consent à rembourser, souvent partiellement et avec dédain, uniquement lorsqu’elle est acculée !
      c’est ce qu’ils appellent « les Valeurs de la République »!

      « j’ai remboursé, foutez-moi la paix »….Thouvenot, Saal, Valls, Placé, ces héros de la République malhonnête, toujours ré-élus, applaudis, reçus, admirés par le peuple qu’ils rasent en permanence sans sourciller.

      Alors, oui, on peut dire qu’ils nous prennent pour des cons et que les faits ne leur donnent pas forcement tort !

  3. nouratinbis le 10 juin 2015 à 19 h 21 min

    Superbe article! Il faut dire que ces gens-là prêtent le flanc à la critique, le derrière au coup de tatane et la tronche aux claques! Quelle bande de trous de balle! Il n’y en a pas un pour relever l’autre…mais à part ça la démocratie c’est magnifique, la solution à tous les problèmes!
    Cela dit, je crains que ce cirque ne dure encore très longtemps.
    Amitiés.

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